Enseignants contractuels : Des erreurs de recrutement, les responsabilités sont-elles partagées ?

Dans le besoin d’enseignants qualifiés pour combler le déficit, l’Etat de Côte d’Ivoire a recruté des enseignants contractuels en 2019. Ceux-ci devraient intégrer la Fonction Publique d’ici la rentrée scolaire 2021-2022.
C’est dans le cadre du Programme Social du Gouvernement (Ps Gouv) qui prend en compte 2000 professeurs de Lycée contractuels, 3000 professeurs de Collège contractuels et 5300 Instituteurs adjoints contractuels.
Une fois recrutés, ces jeunes diplômés avaient suivi une formation d’un mois avant de se voir affecter dans les différents niveaux d’établissement en Côte d’Ivoire. Ils ont suivi après, une autre formation de mise à niveau de 15 jours à Yamoussoukro pour certains et à Abidjan pour d’autres.
A l’approche de la reprise des cours, pendant que certains se frottent les mains, d’autres sont en colère. Car ils n’ont pas bénéficié de cette intégration à la Fonction Publique, pourtant promise par les autorités sous la ministre Kandia Camara.
Ils ont manifesté leur mécontentement par un sit-in le 23 août 2021 en face de la Tour D, à la Cité administrative au Plateau.

Ils se disent les vrais admis qui réclament leurs places sur les 10.300 du Programme Social de Gouvernement (Ps Gouv).
« Les vrais admis, nous réclamons nos places sur les 10 300 du PS Gouv », « non au hold up du Ps Gouv », » président ADO, maman Mariatou Koné, au secours », « Enseignants contractuels non affectés du Ps Gouv 2019, nous les vrais admis réclamons notre intégration et notre affectation, Monsieur le Président, papa Alassane Ouattara, les enseignants contractuels non affectés du PS Gouv demandent votre aide ».
C’est ce qu’indiquaient les pancartes et banderoles qu’ils tenaient en mains.
Quelques heures après ce sit-in, nous avons pu joindre l’un des enseignants contractuels intégrés à la Fonction Publique au téléphone pour savoir pourquoi certains de ses camarades n’ont pas été retenus.
Sous le sceau de l’anonymat, il nous a révélé que ceux qui n’ont pas été retenus sont au nombre de 1800, qui ont été reçus au concours de recrutement et ont passé toutes les étapes. Mais lors du dépôt des dossiers pour l’intégration à la fonction publique, le constat fait est que beaucoup n’ont pas des diplômes d’enseignement général. Il y avait en effet, beaucoup qui étaient détenteurs du BTS. D’autres ont des diplômes de sociologie.
En plus de ces cas, il a été découvert que plusieurs d’entre eux n’ont pas le niveau pour le cycle dans lequel ils ont enseigné.
« Beaucoup de nos camarades avaient le DEUG II ou la Licence et se sont retrouvés comme enseignants de second cycle alors que pour ce recrutement, il fallait être muni de la Maîtrise pour enseigner au second cycle. Ceux-là ont été recalés et ont voulu qu’on les reverse comme instituteurs ou éducateurs ; chose que l’Etat n’avait peut-être pas budgétisé. Selon des informations, ils ont été remplacés. Mais on ignore comment cela s’est fait », a-t-il précisé.
A la base, les organisateurs du concours de recrutement des enseignants contractuels ont manqué de vigilance en matière de vérification des diplômes et d’orientation des candidats admis dans les différents cycles.
Les candidats admis puis recalés pour leur part, paient certains, pour avoir essayé de s’introduire dans des cycles supérieurs à leur niveau. D’autres perdent cette opportunité pour avoir postulé avec des diplômes du technique et autres.
Que ce soit l’Etat ou les candidats recalés, chacun a sa part de responsabilité dans cette situation, jusqu’à preuve du contraire.
Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une solution soit trouvée pour que l’accalmie revienne dans le milieu de l’éducation.
Nathanaël Yao
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de africanewsquick.net, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.
En savoir plus sur AFRICANEWSQUICK
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.