La lutte contre la déforestation, à travers des opérations de reboisement, demeure une priorité pour l’État ivoirien, qui vise à retrouver un couvert forestier de 20 % d’ici 2030. Dans cette dynamique, l’Organisation Interprofessionnelle de la filière Anacarde (OIA) a initié l’élaboration d’une politique stratégique de sauvegarde environnementale et sociale.

À Yamoussoukro, le jeudi 20 août 2026, les voix se sont élevées, fortes et convergentes. D’un côté, l’OIA, par la voix de son président Soro Beh, appelle à une filière compétitive mais éco-responsable. De l’autre, le Ministère des Eaux et Forêts, représenté par le colonel Aka Ferdinand, rappelle l’urgence de restaurer le couvert forestier national. Deux discours, une même conviction : sans environnement durable, il n’y aura pas d’agriculture durable.
Dans un ton ferme et mobilisateur, le PCA de l’OIA a souligné que la filière anacarde ne peut se limiter à la productivité et à la compétitivité. Elle doit désormais intégrer la responsabilité environnementale et sociale :
« L’avenir de la filière anacarde ne peut plus être pensé uniquement en termes de production, de rendement, de commercialisation et de compétitivité. Il doit également être pensé en termes de responsabilité environnementale, de protection sociale, de santé, de sécurité et de durabilité. »


Il a rappelé que l’anacarde constitue un formidable levier de développement économique et social : elle mobilise des milliers de producteurs, crée des emplois dans la transformation et contribue aux échanges commerciaux du pays. Mais il a aussi mis en garde contre les risques : déforestation, dégradation des sols, perte de biodiversité, pollution, pression sur les ressources en eau et en énergie, accidents de travail.
« Protéger l’environnement, c’est protéger la production. Protéger les travailleurs, c’est protéger notre filière. Protéger la communauté, c’est consolider notre avenir. »
C’est dans cet esprit que l’OIA engage l’élaboration d’une stratégie opérationnelle, réaliste et adaptée aux réalités de la filière, intégrant les normes nationales et internationales. L’ambition est claire : faire de l’anacarde ivoirienne une filière compétitive, performante, mais aussi éco-responsable, inclusive et durable.
LE MINISTERE DES EAUX ET FORETS : RESTAURER LE PATRIMOINE FORESTIER
Au nom du ministre Jacques Assahoré Konan, le colonel Aka Ferdinand a rappelé que la Côte d’Ivoire est passée de 16 millions d’hectares de forêts à moins de 3 millions aujourd’hui. L’objectif est d’atteindre 20 % de couverture forestière d’ici 2030.


« L’État ne peut à lui seul assurer la protection de nos ressources naturelles. Les producteurs, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les opérateurs économiques, les partenaires techniques et financiers, les communautés et la société civile doivent tous contribuer à cette mission. »
Il a encouragé l’OIA à intégrer davantage les préoccupations environnementales dans ses programmes et sensibilisations, convaincu que la filière peut devenir un modèle agricole responsable et résilient.
Le ministère s’engage à renforcer le dialogue avec l’OIA et les acteurs de la filière pour construire une Anacardiculture productive, compétitive, inclusive et écologiquement responsable.
« Notre objectif commun doit être de laisser aux générations futures non seulement une filière prospère, mais aussi des sols fertiles, des ressources en eau préservées, une biodiversité riche et des forêts restaurées. » Il a enfin proposé d’associer aux plantations d’anacardiers des essences forestières telles que le Teck, le Mélina, l’Acajou ou l’Iroko, afin de reconstituer le couvert forestier.
Ces deux discours, portés par l’OIA et le Ministère des Eaux et Forêts, traduisent une volonté commune : faire de l’anacarde un levier de développement économique sans sacrifier l’environnement.
La Côte d’Ivoire joue une partie décisive : restaurer ses forêts, protéger ses sols et ses eaux, tout en garantissant une agriculture moderne et inclusive. Le message est clair : l’avenir de l’anacarde sera durable, ou ne sera pas.
ANGE NICAELLE LYRANE
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