En 2025, j’ai eu l’opportunité de participer à une formation à Nanchang, en Chine, consacrée au modèle économique chinois, dans le cadre de la coopération décentralisée entre la Côte d’Ivoire et la Chine.

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Plusieurs élus locaux, notamment les maires de Sassandra, M’Bahiakro, Gohitafla, Anoumaba, Toulépleu, Bin-Houyé, entre autres, ont également pris part à cette formation.

Au cours d’un module dédié aux réformes économiques et administratives qui ont propulsé la Chine au rang de puissance mondiale, notre formateur, professeur-chercheur à l’Université de Nanchang, a lancé cette affirmation aussi surprenante que déstabilisante : "jusqu'en 1980-1990, la Cote d'Ivoire, votre pays, etait bien plus en avance que la Chine, dans beaucoup de domaines y compris dans le fonctionnement de l'administration".

Dans la salle, un silence presque incrédule s’est installé. Puis le professeur a projeté une vidéo sur la Côte d’Ivoire des années 1970 et 1980.

Et là, le choc.

Des infrastructures modernes, une alimentation abondante et de qualité, un niveau de vie enviable, des populations qui semblaient regarder l’avenir avec confiance.

Pendant que la Chine cherchait encore sa voie au milieu des difficultés économiques et des séquelles de la famine, la Côte d’Ivoire apparaissait comme un modèle africain de prospérité.

Pour beaucoup d’entre nous, cette vidéo n’était pas seulement un document d’archives. C’était un miroir. Un miroir cruel.

Car quelques minutes plus tard, lorsque le professeur a comparé la Côte d’Ivoire à la Chine d’aujourd’hui, l’admiration a laissé place à l’amertume.

Oui, les Ivoiriens bénéficiaient d’un indice de développement humain supérieur à celui des Chinois jusque dans les années 1970-1980.

Oui, la Chine a connu des périodes de famine dévastatrices et une extrême pauvreté qui ont marqué durablement son histoire, avec 30 à 40 millions de morts du fait de la famine.

Et pourtant...

Aujourd’hui, cette même Chine exporte son riz, nourrit une partie du monde et approvisionne des pays comme la Côte d’Ivoire, où certains de nos compatriotes tentent de survivre grâce à un filet social de 36 000 francs CFA par trimestre.

L’ironie de l’histoire est parfois brutale : ceux qui regardaient hier vers nous pour s’inspirer sont devenus ceux vers qui nous regardons aujourd’hui pour comprendre comment se développer.

Aujourd’hui, il est devenu difficile d’identifier un seul secteur dans lequel la Côte d’Ivoire devance positivement la Chine.

L’histoire de ces deux nations nous rappelle une vérité simple mais implacable : la prospérité n’est jamais un héritage garanti.

Elle se construit, se protège et se renouvelle.

La Chine a transformé ses faiblesses d’hier en leviers de puissance. Pendant qu’elle planifiait sur plusieurs décennies, travaillait, produisait, innovait et se réformait, nous nous sommes reposés sur nos acquis d’un passé glorieux et des planification electorales a cycles de cinq ans.

Or, l’histoire ne récompense pas ceux qui vivent de leurs souvenirs. Elle récompense ceux qui préparent leur avenir.

ASSALE TIEMOKO

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