L’ancien député de Yopougon, Dia Houphouët Augustin, a rompu le silence. Invité sur le plateau d’ActuPeople.net, l’ex-parlementaire revient sur une année particulièrement mouvementée, marquée par des restrictions de déplacement, la crise préélectorale, la défaite aux législatives et surtout une forte déception à l’égard du PPA-CI.

À LIRE ÉGALEMENT : Financement des médias ivoiriens : l'ASDM mène des réflexions pour accroître ses ressources

Pendant près d’un an, Dia Houphouët Augistin dit avoir été empêché de sortir d’Abidjan à la suite de son implication dans les mobilisations du front commun de l’opposition. Il raconte avoir été auditionné durant de longues heures avec plusieurs responsables politiques.

Mais cette période n’a pas entamé sa détermination. « Je suis venu en politique par conviction », affirme-t-il, expliquant avoir accepté les missions confiées par son leader, Tidjane Thiam, avec l’objectif de mobiliser les populations autour de la demande de dialogue politique.

L’ancien élu garde, tout de même, une profonde amertume de cette séquence. En cause, notamment, la tournure prise par le front commun entre le PDCI-RDA et le PPA-CI après le rejet des candidatures présidentielles.

Dia Houphouët Augustin assure, par ailleurs, que les deux formations s’étaient entendues pour poursuivre le combat à l’Assemblée nationale. La décision du PPA-CI de ne finalement pas prendre part aux législatives constitue, selon lui, une rupture de confiance.

« Je me suis donné pour que cela marche. Et ça n’a pas marché. Je veux le dire ainsi, je me suis senti trahi. », a t'il déclaré.

L’ex-député rejette cependant les accusations d’éventuels arrangements politiques et dit s’en tenir aux faits. Pour lui, l’absence de stratégie commune a surtout contribué à démobiliser une partie de l’électorat de l’opposition.

Sur Laurent Gbagbo, le cadre du PDCI-RDA adopte une position claire. Il estime que l’ancien président a eu raison de ne pas appeler à l’insurrection ou à la désobéissance civile.

« Nous avons besoin de lui dehors qu’en prison », martèle-t-il, rappelant les conséquences des événements de 2020.

Malgré la perte de son mandat, l’ancien député ne semble pas vouloir quitter le terrain politique. Il revendique son passage à l’Assemblée comme une expérience qu’il a vécue au service des populations.

« Être député, pas député, il n’y a pas de différence. C’est l’homme qui est là, qui n’a pas changé », soutient-il.

Après la disparition de sa mère, qu’il présente comme son « socle », Dia Houphouët Yohou dit avoir repris le combat avec une nouvelle détermination. Son message est désormais celui du réarmement politique. Sans mandat, mais loin d’être silencieux, l’ancien député de Yopougon entend continuer à peser dans le débat ivoirien.

Quand son éventuelle participation aux municipales de 2028, le fils de Yopougon a bien voulu garder des réserves. « On verra ! », a t'il fait savoir dans la foulée.

Jean Claude KOUDOU

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus