«Le Pdci-Rda a été créé par Félix Houphouët-Boigny. Sa descendance va-t-elle liquider le parti, voire l’effacer de l’échiquier politique ivoirien?» Voilà ce qu’un doyen du Pdci-Rda nous avait confié dès l’élection de Cheick Tidjane Thiam, qui se réclame de la famille des Boigny, à la tête du doyen des partis politiques de Côte d’Ivoire. Moins de 2 ans de gestion, la prophétie du doyen semble se réaliser avec la complicité du "petit neveu" de Félix Houphouët-Boigny, M. Tidjane Thiam. En tout cas, c’est ce semble dépeindre le quotidien ivoirien "Le Matin", dans sa parution de ce mardi 8 juillet 2025. Lisons ensemble.

«Ils ont nombreux, ces élus, cadres et militants du Pdci qui ne décolèrent plus face à la situation qui prévaut au sein de leur parti. Ils s’expliquent difficilement que le Pdci soit plongé, à moins de 4 mois de la présidentielle, dans une grosse incertitude quant à sa participation à ces joutes électorales. Une situation qui n’est pas faite pour plaire et qui suscite au sein du parti doyen, la grogne et des éclats de voix. Face à cette incertitude qui laisse transparaître une ambiance délétère au sein du parti, des doyens et non des moindre sont pointés du doigt. Il s’agit notamment des vice-présidents Emile Constant Bombet, Léopoldine Coffie et du ministre Kacou Gervais.
Des voix s'élèvent pour identifier ces trois doyens comme ceux qui ont pris en otage le Pdci en imposant Tidjane Thiam à la tête du parti et qui s’opposent à toute proposition d’un plan B au détriment du président du Pdci.
A la suite de Guikahué qui a dénoncé la méchanceté qui lui a été faite en voyant sa candidature à la présidence du Pdci rejetée au profit de Tidjane Thiam avec la complicité des doyens du parti, des cadres dont Valérie Yapo et Jean-Louis Billon étaient montés au créneau pour attirer l’attention sur les risques que court le parti en proposant la candidature de Thiam à la tête du Pdci et comme son candidat à la présidentielle. Ces derniers n’ont pas été entendus. Face à toutes ces alertes, ces doyens du Pdci, de sources proches du parti, continuaient d’alimenter la résistance en apportant leur soutien sans faille à M. Thiam.
Toujours selon nos sources, des réunions étaient même tenues au domicile du doyen Emile Constant Bombet auxquelles n’étaient pas conviés tous les vice-présidents. Puisqu’il s’agissait de continuer à s’organiser pour apporter un soutien à celui dont ils ont encouragé et soutenu la candidature à la tête du parti et qu’ils proposent, malgré sa radiation de la liste électorale, comme le candidat du Pdci. Une situation qui est véritablement incomprise par la majorité des cadres et militants.
Dans cette ambiance floue et incompréhensible, des cadres du Pdci ont décidé de mener des démarches auprès du vice-président du Pdci, Emile Constant Bombet, pour essayer de comprendre la situation, pour essayer de savoir pourquoi ils se battent tant pour quelqu’un qui n’est pas éligible. Le courrier adressé au vice-président pour solliciter une rencontre est resté sans suite. En lieu et place, une réunion des vice-présidents convoquée chez Emile Constant Bombet, de sources bien introduites, a plutôt confirmé la position de ces doyens à ne rien concéder en ce qui concerne leur soutien à M. Thiam. Ce jour-là, selon nos informations, cette réunion a été expéditive.

Elle n’a duré juste qu’un laps de temps. La raison, la vice-présidente du Pdci, Léopoldine Coffie, a décidé de couper court en affirmant, sans donner l’occasion d’être contredit, que le président Thiam Tidjane reste et demeure le candidat du Pdci en dépit de toutes les inquiétudes émises par les militants.
De source proche de la réunion, elle a été soutenue, dans cette position, par le ministre Kakou Gervais. Ces doyens du Pdci dont la sagesse devrait pouvoir permettre de sauver le parti, manœuvrent, selon les accusations portées contre eux, pour maintenir le Pdci dans une bataille perdue d’avance.
Mettant ainsi le parti sous scellé sans donner l’occasion à des voix contraires de s’exprimer, encore moins d’espérer être entendues. C’est à croire que ce parti dit démocratique fonctionne désormais sous le diktat d’un groupuscule de personnes. Une vision à sens unique qui est encouragée par une minorité de cadres au sein de la direction du Pdci qui n’hésitent pas à livrer à la vindicte tous ceux qui osent proposer des solutions alternatives, du moins un plan B pour sauver le parti du naufrage qui semble être déjà programmé par les partisans du "Thiam ou rien".
A preuve, tous ceux qui ont eu le malheur de s’inscrire dans une voie qui ne rencontre pas leur assentiment sont voués aux gémonies sous le regard approbateur des doyens. Valérie Yapo, Maurice Kakou Guikahué, Jean-Louis et bien d’autres cadres n’ont plus droit de cité au Pdci, du fait de leur prise de position. La gestion actuelle du Pdci est plus que jamais décriée et suscite, depuis un moment, des prises de position au grand jour de militants, et une volonté affichée par ces derniers de faire changer les choses. «Le Pdci-Rda est en danger ! Son effacement progressif n’est plus un risque mais une réalité tangible. Allons-nous regarder, impuissants, la maison brûler ? Allons-nous continuer à faire semblant que tout va bien pendant que les autres partis structurent, recrutent, planifient et avancent ? Il est encore temps.
Mais le temps presse. L’heure est venue d’ouvrir le débat sur le plan B, sur la doublure, sur la relance militante, sur le leadership partagé. «Nous disons Non à l’effacement. Non à l’inertie. Non à la personnalisation absolue du parti. Militants, réveillez-vous ! Le temps du silence est terminé », a lancé Patrick Yao, membre du Bureau politique du Pdci. Sera-t-il entendu ? Sera-t-il rejoint dans cet élan par la majorité silencieuse ?
On ne saurait répondre par l’affirmative. Toutefois, cela laisse transparaître le profond malaise dans lequel est plongé le parti doyen.»
La prophétie dudit doyen cité plus haut étant en train de se réaliser, nous avons échangé avec aujourd’hui. «Tidjane Thiam est en train d’euthanasier le parti, le parti créé par son grand oncle à la sueur mêlée de sang des Ivoiriens. Si Thiam veut se suicider politiquement, c’est son droit, mais qu’il n’emporte pas avec lui le PDCI-RDA, l’âme de la Côte d’Ivoire. Nous suivons ce que ses complices comme Bombet, Kacou Gervais, Léopoldine Coffie et autres font. Demain, il fera jour», nous a-t-il confié brièvement sans autre commentaire.
GRO avec Le Matin





Espace Discussion Réservé aux Abonnés Premium
Participez aux analyses de notre communauté de lecteurs. Cet espace est exclusivement accessible aux abonnés de l'offre Premium d'Africanewsquick.
Déjà abonné ? Se connecter