La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, actée par le limogeage le vendredi 22 Mai du second par le premier, suscite des réactions de toutes parts. En Côte d’Ivoire, Jean-Yves Esso, cadre du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix ( RHDP) a livré, ce samedi 23 mai 2026, son appréciation de la situation.

Dans une analyse à la tonalité critique, le natif de Lopou ( Dabou) et analyste politique revient sur la trajectoire du tandem qui avait incarné, aux yeux de nombreux Sénégalais, une promesse de rupture politique. Portés par un discours de transformation radicale et de souveraineté retrouvée, les deux hommes avaient réussi à convertir une dynamique populaire en victoire électorale majeure, s’imposant comme le symbole d’un renouveau politique.
Mais pour Jean-Yves Esso, la séquence actuelle illustre une réalité bien connue des systèmes politiques : la différence fondamentale entre conquérir le pouvoir et l’exercer. La décision du chef de l’État sénégalais met en lumière les tensions internes qui peuvent naître lorsque les impératifs de gestion prennent le pas sur les ambitions initiales.
A en croire Jean Yves Esso, gouverner implique des arbitrages souvent éloignés des postures de campagne.
'' L’exercice du pouvoir impose de composer avec des contraintes économiques, institutionnelles et diplomatiques, qui limitent la portée des engagements pris dans l’opposition. La gestion de la dette, la préservation des équilibres politiques et la nécessité de maintenir la confiance des partenaires internationaux constituent autant de défis susceptibles de fragiliser les alliances.'', a indiqué le cadre du parti au pouvoir ivoirien.
Bien plus, Jean Yves Esso estime que la crise au sein du PASTEF dépasse le seul cadre sénégalais. Mieux, elle s’inscrit, selon lui, dans une dynamique plus large observée sur le continent africain, où plusieurs mouvements issus de la contestation se heurtent, une fois au pouvoir, à la complexité des institutions qu’ils ambitionnaient de transformer.
En filigrane, Jean-Yves Esso souligne que les relations politiques évoluent sous l’effet des responsabilités. Les alliances construites dans l’opposition peuvent se fissurer face aux divergences stratégiques et aux contraintes de gouvernance, révélant la difficulté de maintenir une cohésion durable au sommet de l’État.
Au-delà des personnes, cette séquence qui a cours au sommet du pouvoir sénégalais rappelle, selon l'analyste politique ivoirien, une constante :'' l’État ne se gouverne pas à partir de slogans, mais à travers des choix concrets, dont chacun comporte un coût politique.''
Jean Claude KOUDOU





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