_Le président du parti Intégrité et conscience nationale (Icon), Yves Mayobo, a exprimé sa profonde déception après avoir volontairement attendu l’adresse du chef de l’État avant de s’exprimer au nom de sa formation. C'était à l'occasion de la commémoration de la fête de l'indépendance._

À LIRE ÉGALEMENT : Célébration de l’an 66/Yasmina Ouégnin, aux Ivoiriens: "Cette journée ne saurait être réduite à une simple aubaine pour offrir des divertissements populaires..."

Le leader politique précise avoir agi de bonne foi, souhaitant ne pas évoquer des difficultés que le président aurait pu lui-même aborder. Or, selon lui, aucun des problèmes majeurs du pays n’a été mentionné, ce qui suscite son amertume.

Yves Mayobo déplore que la Côte d’Ivoire, après soixante-six années d’existence, n’ait pas progressé en matière de réconciliation nationale, de satisfaction des revendications sociales, de pouvoir d’achat ni de démocratie. Il se demande si le chef de l’État entend rester sourd durant tout son mandat, alors même que de nombreuses voix réclament un dialogue politique sincère pour résoudre les différends, rétablir la confiance entre acteurs politiques et dégager un consensus sur l’organe chargé d’organiser les élections ainsi que sur la sécurité des protagonistes.

Sur le plan politique, le président d’ICON ne constate aucune avancée notable et rappelle que plusieurs opposants, dont Damana Pickass, Dahi Nestor et Blaise Lasme, demeurent privés de liberté pour leurs opinions. Il pointe également l’aggravation des conditions de vie : la nouvelle hausse du prix du carburant entraîne une flambée des coûts de transport et des produits de grande consommation, tandis que les producteurs agricoles subissent soit des prix dérisoires, soit la perte pure et simple de leurs récoltes.

S’agissant de l’éducation, il alerte sur l’attente persistante de la prime des enseignants, ce qui fait redouter des grèves intempestives pour l’année scolaire 2026-2027, sans qu’aucune mesure d’anticipation n’ait été prise.

Le dirigeant politique dénonce en outre les détournements de fonds publics, dont certains auteurs restent en liberté, soulignant qu’il est impossible de bâtir une nation si une catégorie de citoyens se révèle intouchable. Il critique une gestion sans partage du pouvoir depuis 2011, contradictoire avec l’appel au vivre-ensemble.

Dans le même élan, Yves Mayobo invite le chef de l’État à faire preuve de davantage de compassion et d’humanité envers des compatriotes qui meurent en silence ou ont perdu leur dignité. Il exhorte à ne pas craindre les débats républicains pour poser les vrais problèmes et trouver des solutions. Tout en saluant l’invitation de l’opposition aux festivités de l’indépendance, il estime que les conditions de sécurité des leaders politiques ne sont pas réunies, rappelant que le président du PDCI, Tidjane Thiam, et celui du GPS sont encore en exil, et que l’ancien président Laurent Gbagbo mérite un traitement meilleur.

Enfin, le juriste et politicien appelle à conquérir la véritable indépendance : une indépendance économique, passant par la transformation locale des produits et la libre fixation des prix au bénéfice des paysans, et une indépendance politique, fondée sur le libre choix du modèle démocratique et des dirigeants sans ingérence extérieure. Faute d’atteindre ces deux objectifs, il juge vain de parler d’indépendance. Il conclut en appelant la bénédiction de Dieu sur le peuple ivoirien.

Une correspondance particulière

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus