Après une période de tensions internes, la délégation communale du PDCI-RDA de Kouassi-Kouassikro entend tourner la page des divisions et renouer avec une dynamique de rassemblement. Dans cette interview, le délégué communal, Dr N’Goran Kouassi Honoré, revient sur les difficultés traversées, salue l’action de la direction du Parti et le leadership des responsables politiques engagés dans la réconciliation. Il réaffirme surtout son ambition de faire de Kouassi-Kouassikro un pilier de la reconquête du PDCI-RDA dans le N’Zi, à l’approche des prochaines échéances électorales.

À LIRE ÉGALEMENT : CIV/4ème Salon des collectivités territoriales: Danho Paulin plaide pour un cadre professionnel adapté à la mission des agents municipaux

Vous avez été contesté par une partie des militants. Comment avez-vous vécu cette situation ?

Je l’ai vécue avec beaucoup de responsabilité, mais aussi avec la conscience que la vie d’un grand parti comme le PDCI-RDA n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Les divergences, les incompréhensions et les sensibilités différentes peuvent apparaître dans toute organisation politique. L’essentiel est de savoir les gérer sans compromettre l’unité, la crédibilité et les ambitions collectives du Parti.

Je ne voudrais donc pas réduire cette période à une opposition entre des personnes. Ce serait une erreur politique. Derrière les tensions, il y a des militants qui aiment le PDCI-RDA, qui ont leurs convictions et qui souhaitent, chacun à sa manière, contribuer à son rayonnement. Il nous appartient de transformer ces différences en une force collective.

Pour ma part, je retiens qu’aucune responsabilité politique ne peut être durablement exercée sans écoute, dialogue et proximité avec la base militante. Cette expérience nous invite à renforcer notre manière de travailler, à privilégier la concertation et à faire davantage de place à l’expression de nos militants.

Ma conviction demeure intacte : le PDCI-RDA est plus grand que chacun de nous. Les fonctions passent, les personnes changent, mais le Parti demeure. C’est pourquoi je tends la main à tous les militants, sans exception, afin que nous puissions regarder ensemble dans la même direction.

La direction du PDCI-RDA, avec à sa tête le Secrétaire exécutif en chef, est venue ramener la paix dans la délégation. Pour vous, est-ce une page noire qui se ferme ? Comment comptez-vous entretenir cette paix pour qu’elle soit durable ?

Je voudrais, avant toute chose, exprimer ma reconnaissance au président Tidjane Thiam et à la direction du PDCI-RDA pour l’attention accordée à notre délégation. Je salue particulièrement le Secrétaire exécutif en chef, le ministre Yapo Calice, ainsi que l’ensemble de sa délégation, pour leur tournée, la qualité des échanges engagés avec les militants et le travail accompli en faveur de l’apaisement.

Cette démarche traduit une volonté de préserver l’unité du Parti et de ramener chaque structure à l’essentiel : l’engagement militant, la discipline collective et la conquête démocratique du pouvoir. Le succès rencontré lors de cette tournée témoigne de l’importance du dialogue de proximité et de la nécessité de maintenir un lien permanent entre la direction nationale et les structures de base.

Oui, nous devons considérer cette étape comme une occasion de tourner la page des incompréhensions. Mais je préfère parler d’un nouveau départ plutôt que d’une simple page qui se ferme. La paix ne se décrète pas uniquement au cours d’une cérémonie ou à l’issue d’une mission de conciliation. Elle se construit au quotidien, dans nos comportements, nos décisions et notre capacité à nous respecter mutuellement.

À cet égard, je tiens à saluer le leadership du Haut-Représentant du District des Lacs, ainsi que la culture de tolérance, de pardon et de rassemblement du vice-président Yao Koffi Jean-Paul. Son esprit de conciliation nous rappelle qu’un responsable politique doit savoir écouter, rapprocher les positions et rechercher les solutions qui préservent l’intérêt général du Parti.

Pour rendre cette paix durable, je m’engage à privilégier la concertation, à associer les différentes sensibilités à la vie de la délégation et à éviter toute décision susceptible de raviver inutilement les tensions. Nous devons réapprendre à nous parler, à nous faire confiance et à travailler ensemble.

La réconciliation n’a de véritable sens que lorsqu’elle débouche sur une action collective. Notre responsabilité est désormais de transformer l’apaisement retrouvé en une force militante, au service du président Tidjane Thiam et de la reconquête du PDCI-RDA.

Les divisions internes ont contribué à faire perdre au PDCI-RDA le poste de député. Est-ce une situation qu’il faut désormais oublier ?

Nous devons regarder cette situation avec lucidité et retenue, dans une perspective générale plutôt que sous un angle strictement personnel, sans chercher à humilier qui que ce soit ni à entretenir indéfiniment les querelles du passé. Lorsqu’un parti rencontre des difficultés électorales dans un territoire où il dispose d’une histoire, d’un réseau militant et d’un ancrage politique, il doit en tirer toutes les conséquences.

Les divisions internes peuvent fragiliser une organisation, brouiller son message, démobiliser ses militants et réduire sa capacité à convaincre les électeurs. Mais il serait également réducteur d’expliquer un résultat électoral par un seul facteur. Une analyse sérieuse doit prendre en compte la mobilisation, l’organisation, les attentes des populations, le choix des candidats et la capacité du Parti à proposer une offre politique crédible.

Nous ne devons donc ni nier les difficultés ni nous enfermer dans les regrets. Le plus important est d’en tirer des enseignements pour l’avenir.

Le PDCI-RDA a une longue histoire politique et une capacité de résilience qui lui permettent de surmonter les épreuves. Notre Parti a démontré, à plusieurs reprises, que les difficultés électorales ne constituaient pas une fatalité lorsqu’il parvient à se réorganiser et à remobiliser ses forces.

Nous devons maintenant reconstruire la confiance, renforcer notre présence sur le terrain et convaincre les populations que le PDCI-RDA demeure une force de propositions et de solutions.

Il ne s’agit pas d’oublier les événements au point de renoncer à en comprendre les causes. Il s’agit de dépasser les rancœurs pour que les erreurs d’hier ne compromettent pas les victoires de demain.

En tant que délégué communal, prenez-vous l’engagement de travailler avec tout le monde dans l’intérêt du Parti ?

Absolument. Je prends cet engagement avec détermination. Ma responsabilité est de servir le PDCI-RDA, de rassembler ses militants et de faire vivre son idéal dans la commune de Kouassi-Kouassikro.

Je ne conçois pas la fonction de délégué communal comme un instrument de division ou de règlement de comptes. Elle doit être un cadre de rassemblement, d’organisation et de mobilisation. Chaque militant a sa place, chaque compétence peut être utile et chaque expérience mérite d’être considérée.

Je tends donc la main à tous les cadres, aux élus, aux responsables des structures spécialisées, aux secrétaires de section, aux présidents des comités de base, aux jeunes, aux femmes, aux doyens et à l’ensemble des militants. Nous devons dépasser les considérations personnelles pour construire une équipe capable de répondre aux attentes du Parti.

Cela ne signifie pas que nous serons toujours d’accord sur tout. La vie démocratique suppose le débat et la confrontation des idées. Mais ces échanges doivent se dérouler dans le respect des textes, de la hiérarchie du Parti et des règles qui nous rassemblent.

Notre référence commune doit être le leadership du président Tidjane Thiam, la vision qu’il porte pour le PDCI-RDA et les valeurs historiques de notre formation politique.

Je souhaite que chaque militant puisse se sentir écouté, respecté et utile. Nous ne gagnerons pas en excluant, en stigmatisant ou en marginalisant. Nous gagnerons en organisant, en convainquant et en mobilisant.

À Kouassi-Kouassikro, je veux que la délégation communale soit la maison commune de tous les militants du PDCI-RDA.

Aujourd’hui, quel sera votre premier défi à la tête de la délégation communale ?

Notre premier défi sera de consolider la paix retrouvée et de reconstruire une organisation militante forte, disciplinée et tournée vers les populations.

La réconciliation doit être suivie d’actes. Nous devons reprendre le travail de proximité, redynamiser les structures de base, établir un dialogue régulier avec les responsables locaux et renforcer la présence du Parti dans les quartiers, les villages et les différentes communautés de la commune.

Nous devrons également procéder à une évaluation lucide de nos forces et de nos faiblesses. Il faudra connaître nos militants, comprendre les préoccupations des populations, identifier les attentes des jeunes et des femmes et déterminer les moyens de rendre notre discours politique plus concret.

J’accorde une importance particulière à la participation de l’ensemble des cadres et des élus du département. La reconquête du terrain ne peut être l’affaire d’un seul responsable. Elle exige une action concertée, une répartition claire des responsabilités et un engagement collectif.

Kouassi-Kouassikro doit devenir un exemple de discipline militante, de cohésion et d’efficacité politique dans le N’Zi. Notre ambition est de bâtir une délégation capable de mobiliser, de convaincre et de porter les orientations du Parti jusque dans les communautés les plus éloignées.

Notre premier défi est donc organisationnel, mais il est aussi politique : faire comprendre aux populations que le PDCI-RDA est pleinement engagé dans la préparation de l’avenir de la Côte d’Ivoire.

En 2028 et en 2030, avec les municipales et la présidentielle, le PDCI-RDA peut-il compter sur Kouassi-Kouassikro pour la victoire ?

Le PDCI-RDA doit pouvoir compter sur Kouassi-Kouassikro, et nous avons l’obligation de nous préparer pour être à la hauteur de cette confiance.

Le N’Zi occupe une place stratégique dans l’histoire et l’avenir de notre Parti. Bocanda, Dimbokro et Kouassi-Kouassikro constituent des territoires dans lesquels nous devons consolider notre présence, réactiver nos réseaux militants et convaincre de nouvelles générations de rejoindre notre combat politique.

Je suis convaincu que notre potentiel demeure réel. Mais une victoire électorale ne se proclame pas uniquement dans les discours. Elle se prépare par le travail, l’organisation, la proximité avec les populations et la capacité à présenter des candidats crédibles ainsi qu’un projet répondant à leurs préoccupations.

Pour les prochaines échéances, notre objectif doit être de transformer notre ancrage historique en une mobilisation électorale efficace. Cela suppose une délégation unie, des structures fonctionnelles, une communication cohérente et une présence constante sur le terrain.

À la présidentielle de 2030, nous devrons contribuer, à notre niveau, à porter la vision du président Tidjane Thiam auprès des électeurs. Pour les élections locales, nous devrons également démontrer notre capacité à proposer une gouvernance de proximité, attentive aux besoins des populations et respectueuse de l’intérêt général.

Je ne promets pas une victoire automatique. Je prends plutôt l’engagement de travailler pour créer les conditions de la victoire.

Kouassi-Kouassikro ne doit pas être un simple point sur la carte électorale du PDCI-RDA : notre commune doit devenir l’un des moteurs de sa reconquête dans le N’Zi.

Bocanda, Dimbokro et Kouassi-Kouassikro ont longtemps été considérées comme des zones d’influence du PDCI-RDA. Quel rang votre Parti occupe-t-il encore dans ces localités ?

Le PDCI-RDA conserve dans le N’Zi un patrimoine politique, historique et humain important. Mais nous devons distinguer cet héritage de notre poids électoral actuel. L’histoire d’un parti constitue un atout, mais elle ne dispense jamais de l’effort de mobilisation et de renouvellement.

Dans les trois localités, notre responsabilité est de consolider les acquis, de comprendre les évolutions de l’électorat et de renouer avec les populations qui peuvent s’être éloignées de nous.

Le rang électoral exact du Parti doit être apprécié à partir des résultats officiels des différents scrutins. Il serait donc imprudent de tirer des conclusions définitives sans examiner les chiffres, les circonscriptions concernées et les évolutions enregistrées d’une élection à l’autre.

Cela étant, je considère que le N’Zi demeure une zone stratégique pour le PDCI-RDA. Notre histoire, nos réseaux militants et notre capacité de mobilisation constituent des ressources sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour reconstruire une dynamique gagnante.

Mais nous devons également écouter les populations, comprendre leurs attentes et renouveler notre manière de faire de la politique. Les électeurs ne votent pas uniquement en fonction de l’histoire d’un parti. Ils veulent des perspectives, des réponses à leurs préoccupations quotidiennes et des responsables qui restent proches d’eux.

Notre ambition est donc claire : faire du N’Zi un territoire de reconquête, en travaillant étroitement avec les cadres, les élus, les responsables locaux et les militants de toutes les générations.

Le pouvoir a réalisé des percées significatives dans ces localités. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Nous devons analyser cette évolution avec lucidité et sans arrogance politique. Aucun territoire n’appartient définitivement à un parti. En démocratie, les électeurs sont libres de leurs choix et les formations politiques doivent constamment mériter leur confiance.

Les avancées de nos adversaires peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs : leur présence sur le terrain, les dynamiques locales, les attentes des populations, les stratégies de mobilisation et, parfois, nos propres insuffisances organisationnelles.

Nous devons avoir le courage de reconnaître que les divisions internes, les difficultés de coordination et l’insuffisance de la proximité militante peuvent affaiblir notre position. Il ne servirait à rien de chercher systématiquement des responsabilités à l’extérieur alors que nous avons aussi des leçons à tirer de notre fonctionnement.

Le PDCI-RDA doit renouer avec une politique de présence et d’écoute. Nous devons aller vers les populations, y compris celles qui ne partagent pas nos convictions, et leur présenter des propositions crédibles.

La jeunesse doit être davantage associée à notre action. Les femmes doivent occuper toute leur place dans la mobilisation et la réflexion. Les cadres et les élus doivent également conjuguer leurs efforts avec ceux des responsables de terrain.

Notre Parti a besoin d’une nouvelle dynamique, mais cette dynamique doit s’inscrire dans la continuité de ses valeurs : dialogue, responsabilité, discipline, solidarité et respect de la dignité humaine.

Je demeure convaincu que le PDCI-RDA peut reconquérir du terrain dans le N’Zi, à condition de considérer les évolutions électorales comme un appel à l’action et non comme une raison de se décourager.

Quelles leçons tirez-vous de cette situation ?

La première leçon est que l’unité constitue une condition essentielle de notre efficacité politique. Un parti qui consacre davantage d’énergie à ses querelles internes qu’à la mobilisation des électeurs se prive lui-même d’une partie de ses forces.

La deuxième leçon est que notre ancrage historique doit être constamment entretenu. Nous ne pouvons pas nous contenter de rappeler ce que le PDCI-RDA a représenté hier. Nous devons démontrer ce qu’il peut apporter aujourd’hui et ce qu’il entend construire demain.

La troisième leçon concerne la proximité. Les militants et les populations doivent pouvoir compter sur des responsables accessibles, à l’écoute et capables de rendre compte de leur action. Le travail politique ne doit pas se limiter aux périodes électorales.

La quatrième leçon est que la discipline et le dialogue doivent aller de pair. La diversité des opinions est légitime, mais elle doit s’exprimer dans un cadre qui préserve l’unité du Parti et le respect de ses textes.

Enfin, nous devons retenir que rien n’est irréversible en politique. Les résultats électoraux peuvent évoluer lorsque les forces politiques se réorganisent, proposent une offre crédible et retrouvent la confiance des citoyens.

Les résultats des législatives partielles de Toumodi, auxquels vous faites référence, peuvent notamment nourrir notre réflexion sur les conditions d’une remobilisation électorale. Ils doivent être examinés précisément pour identifier les facteurs qui ont favorisé la performance du PDCI-RDA et déterminer les enseignements transposables à l’ensemble du N’Zi.

Nous devons apprendre de nos difficultés, valoriser nos réussites et avancer sans complaisance envers nous-mêmes, mais sans jamais céder au découragement.

Un dernier mot aux militants du PDCI-RDA de Kouassi-Kouassikro et du N’Zi ?

Je voudrais dire à nos militants que le moment est venu de nous retrouver autour de l’essentiel : le PDCI-RDA, son avenir et la vision portée par son président, Tidjane Thiam.

Je sais que les périodes de tensions peuvent laisser des blessures et des incompréhensions. Mais nous devons avoir la grandeur politique de dépasser nos ressentiments. Le pardon n’est pas un signe de faiblesse. Il est une preuve de maturité lorsqu’il permet de reconstruire la confiance et de servir une cause plus grande que soi.

Je remercie la direction du Parti, le Secrétaire exécutif en chef et sa délégation pour leur contribution à l’apaisement. Je salue également le Haut-Représentant du District des Lacs, ainsi que les vice-présidents Yao Koffi Jean-Paul, Traoré Adam-Kolia et Émilienne Boby Assa, pour leur esprit de dialogue, leur tolérance et leur engagement en faveur du rassemblement.

À tous les cadres, aux élus, aux responsables des structures et aux militants, je lance un appel fraternel : retrouvons-nous, parlons-nous et travaillons ensemble.

Le N’Zi est une zone stratégique pour le PDCI-RDA. Nous devons lui rendre toute sa place dans notre stratégie politique nationale. Kouassi-Kouassikro entend prendre sa part de responsabilité dans cette ambition, en faisant de sa délégation communale une force de proposition, de mobilisation et de rassemblement.

Notre combat ne doit pas être celui d’un homme contre un autre, ni celui d’une sensibilité contre une autre. Il doit être celui d’un parti qui se réorganise, se rassemble et se prépare à convaincre les Ivoiriens.

L’intérêt supérieur du PDCI-RDA doit être au-dessus de nos ambitions personnelles. C’est dans l’unité, la discipline et le travail que nous préparerons les victoires de demain.

In Le Nouveau Réveil du 13 Octobre 2026

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus