Monsieur Firmin Ahouné,
Dans votre texte publié le 21 juin 2026 en réponse à l’article de CKL intitulé « COMMENT TIDJANE THIAM ET ALAIN COCAUTHREY FRAGILISENT LE PARTI ? », vous défendez le communiqué du Directeur de Cabinet du Président en affirmant qu’il s’inscrit dans le strict respect des textes du PDCI-RDA. En tant que militant attaché à la tradition et aux Statuts de notre parti, je me permets d’apporter les précisions suivantes, fondées exclusivement sur une lecture rigoureuse des dispositions du Règlement Intérieur et des Statuts.

1.L’article 28 alinéa 2 du Règlement Intérieur : une disposition limitée
Vous citez à juste titre l’article 28 alinéa 2, qui prévoit :
«« Il existe une seule délégation par Département ou par Commune. Toutefois, le Président du Parti peut déroger à cette règle, en créant plusieurs Délégations dans un même Département ou une même Commune. »»
Cette clause reconnaît au Président la faculté de déroger au principe d’unicité. Cependant, elle ne confère aucun pouvoir spécifique au Cabinet du Président, ni au Conseiller Spécial chargé des Délégations, pour piloter ou centraliser les propositions de réorganisation des délégations. Elle reste une disposition d’exception portant sur la création éventuelle de plusieurs délégations, sans définir une procédure globale ni instituer un circuit parallèle de réception des propositions émanant des Hauts Représentants du Président (HRD).
2.Le rôle central et statutaire du Secrétariat Exécutif
Les textes sont particulièrement clairs sur le processus de nomination et de gestion des Délégués :
- L’article 26 des Statuts dispose que le Délégué départemental ou communal est désigné par le Président sur proposition du Secrétariat Exécutif, après consultation de la base ;
- L’article 29 du Règlement Intérieur énonce :
«« Le Président du Parti nomme le Délégué Départemental ou Communal, sur proposition du Secrétariat Exécutif. Il met fin à ses fonctions dans les mêmes conditions. »»
- Les articles 30 et 31 confirment le rôle du Secrétariat Exécutif dans la validation des Bureaux proposés par le Délégué, dans les quinze jours, ainsi que dans le suivi périodique de leurs activités.
Le communiqué du 1er juin 2026, qui invite les HRD à transmettre directement leurs propositions au Conseiller Spécial Georges Philippe Ezaley, soulève donc une interrogation légitime : comment cette démarche s’articule-t-elle avec le rôle premier attribué au Secrétariat Exécutif par les textes ? Aucune disposition ne prévoit explicitement un rôle de coordination ou de réception préalable par le Cabinet ou un Conseiller Spécial dans ce domaine.
3.La distinction en deux étapes : une clarification nécessaire
Vous proposez une lecture en deux étapes : une première conduite par le Cabinet (réorganisation) et une seconde pilotée par le Secrétariat Exécutif (nominations). Cette distinction, bien qu’elle vise à démontrer une complémentarité, appelle une articulation plus précise.
Lorsque la première étape consiste à centraliser les propositions de restructuration via un canal parallèle, elle risque d’apparaître comme une anticipation, voire une préemption, des prérogatives statutaires du Secrétariat Exécutif. Une meilleure coordination entre les structures, pleinement conforme aux textes, permettrait d’éviter toute confusion et de renforcer la légitimité du processus.
4.Le respect de la hiérarchie des normes internes du Parti
Par ailleurs, il convient de rappeler un principe fondamental de fonctionnement de notre parti : seul le Congrès, organe souverain du PDCI-RDA, dispose de la compétence nécessaire pour adopter de nouveaux textes ou modifier les dispositions statutaires et réglementaires existantes.


Si de nouvelles orientations organisationnelles ou de nouvelles dispositions initiées par le Président Tidjane Thiam n'ont pas encore été soumises à l'approbation et à la validation du Congrès, elles ne sauraient, en l'état actuel du droit interne du parti, se substituer aux textes en vigueur ni les rendre caducs de fait.
En conséquence, un communiqué administratif, quelle que soit son importance politique, ne peut prévaloir sur les Statuts et le Règlement Intérieur qui demeurent pleinement applicables tant qu'ils n'ont pas été régulièrement modifiés ou abrogés par l'instance compétente.
Le respect de cette hiérarchie des normes internes constitue une garantie essentielle de sécurité juridique, de transparence et de stabilité institutionnelle au sein du PDCI-RDA.
Dans cet esprit, et afin de préserver la cohésion du parti, il apparaît souhaitable que le Secrétariat Exécutif, la Coordination des Vice-Présidents et l'ensemble des organes statutaires soient pleinement associés aux décisions politiques majeures, notamment celles relatives à la réorganisation des délégations.
Une démarche inclusive et concertée permettrait d'éviter les incompréhensions, de renforcer la confiance des militants et de consolider l'unité indispensable à la réussite des combats politiques à venir.
5.Enjeux de gouvernance interne et cohésion du Parti
Au-delà du cas des délégations, cette affaire remet en lumière la nécessité de préserver l’équilibre institutionnel prévu par nos Statuts et notre Règlement Intérieur.
Les militants et cadres du PDCI-RDA, attachés à la tradition houphouëtiste de collégialité, de dialogue et de respect des procédures, expriment légitimement leurs préoccupations face à toute impression de circuits parallèles ou de marginalisation des organes statutaires, notamment les Vice-Présidents, le Secrétariat Exécutif et les instances de base.
Le respect scrupuleux des textes n’est pas une simple formalité administrative ; il constitue le fondement même de notre crédibilité, de notre cohésion et de notre capacité à rassembler.
Comme vous le soulignez vous-même, le Président Tidjane Thiam a appelé à une vision claire des responsabilités. Celle-ci passe nécessairement par une application fidèle, transparente et partagée des dispositions statutaires, dans un esprit permanent de dialogue et de concertation.
Monsieur Ahouné, loin de toute polémique stérile, les interrogations soulevées par CKL et par de nombreux responsables traduisent un attachement sincère aux règles communes qui régissent notre parti.
Le PDCI-RDA gagnera en force, en crédibilité et en cohésion en veillant à ce que toutes les initiatives, y compris la réorganisation en cours, s’inscrivent pleinement dans la lettre et dans l’esprit de ses textes fondateurs.
Je reste convaincu que le Président Tidjane Thiam, fidèle à sa réputation de rigueur et de respect des institutions, saura clarifier ces points et apaiser les esprits afin que notre parti aborde les défis à venir dans l'unité, la sérénité et la discipline qui ont toujours fait sa force.
Avec l'espoir d'un débat constructif au service du PDCI-RDA.
C.K. Loukou
Militant de base du PDCI-RDA





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