Dans une récente déclaration, Yves Mayobo, président du parti politique Intégrité et conscience nationale (Icon), s’est prononcé, sans détour sur l’actualité politique ivoirienne.
Évoquant les faits marquants récents de l'actualité, le président de Icon a d’abord évoqué la situation des déguerpis de certains quartiers d’Abidjan, en particulier le campement de Koumassi. « _Notre parti a donné sa position sur cette affaire. Elle est en train d’être clarifiée progressivement, mais nous demandons toujours que l’enquête soit approfondie en interrogeant sans exception tous les acteurs présents sur le terrain de destruction », a-t-il déclaré.
Yves Mayobo s’est également offusqué des récentes déclarations du maire de San-Pedro, qui prétendait disposer de places à l’INFAS. « C’est une situation gênante qui fait croire que les concours en Côte d’Ivoire ne se font plus sur la base des résultats des candidats, mais plutôt de faveurs obtenues par la grâce d’une autorité. Cela met en mal l’égalité des chances tant prônée par nos gouvernants à travers la bonne gouvernance », a-t-il déploré, appelant la maire à clarifier sa pensée.
Le chef de file de Icon a été plus inclusif lorsqu'il a abordé la sortie du ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, à l’encontre de l’ancien président Laurent Gbagbo. « En tant que ministre et porte-parole d’un gouvernement, quand bien même on serait d’abord militant d’un parti, on se doit de cultiver la retenue. La personne à qui on répond fut président de la République de l’État dont on est ministre actuellement », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Pour une question de responsabilité et de respect des institutions, le ministre Amadou devrait présenter des excuses au président Gbagbo pour ses écarts de langage. » Pour lui, « C’est une question de bon sens et d’éducation. La valeur des grands hommes se trouve dans leur capacité à reconnaître leurs erreurs et à demander pardon. Cela ne serait pas une faiblesse. »
Sur l’actualité du PDCI-RDA, assigné en justice par l’un de ses militants, M. Mayobo s’est montré réservé mais critique : « Je trouve très ridicule cette façon de faire. En assignant votre parti en justice, vous vous fragilisez vous-même. Les problèmes internes se règlent au sein du parti, pas au tribunal. » Il a imputé cette situation à un « besoin d’éducation et de formation politique » des militants, dénonçant une « manipulation de l’extérieur à des fins d’affaiblissement du parti ».
Répondant aux militants qui s’inquiètent de l’absence prolongée de leur président, M. Mayobo a rappelé des précédents historiques : l’exil de M. Bédié en 1999, celui de M. Ouattara en 1996, ou encore la détention de M. Gbagbo à la CPI en 2011. « Cela n’a pas empêché ces partis de fonctionner. Thiam n’a pas envie de rentrer ? Je ne le crois pas. Il veut juste s’assurer de sa sécurité. C’est aux militants de tenir la barre. »
Pour conclure, Yves Mayobo a lancé un appel solennel : « J’invite le gouvernement à ouvrir un dialogue politique national inclusif pour aplanir tous les différends et permettre à ceux qui sont hors du pays de regagner leur famille. Si possible, organisons un forum de réconciliation nationale. Que Dieu nous aide à atteindre ce but. » Un message qui résonne comme une feuille de route pour les mois à venir.
Le leader de Icon est un juriste de formation, expert en diplomatie et relations internationales il a été élu à la tête de sa formation, le 18 mai 2024 à Yamoussoukro, succédant ainsi au fondateur feu Jean Yves Dibopieu.
TS.
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