Le président de la Fédération Ivoirienne du Patronat et des Exploitants de Taxis-Compteurs d'Abidjan (FIPETCA), Sylla Lanciné, s'est prononcé sur des questions relatives à la récente augmentation du prix du carburant et à la crise qui perdure à la Mutuelle d'Assurances des Taxis-Compteurs d'Abidjan (MATCA). C'était le lundi 10 août 2026, dans l'un de ses cabinets situé dans la commune d'Anyama.
Bonjour monsieur Sylla, présentez-vous à ceux qui ne vous connaissent pas bien au sein de l'opinion publique ainsi que la FIPETCA que vous présidez avant de réagir à la récente augmentation du prix du carburant.
Je suis Sylla Lanciné, président de la Fédération Ivoirienne du Patronat et des Exploitants de Taxis-Compteurs d’Abidjan, en abrégé FIPETCA. Notre fédération regroupe cinq structures à savoir : l'Association des Propriétaires de Taxis-Compteurs de Côte d'Ivoire (APTC-CI), l'Union des Propriétaires et des Entreprises de Taxis de Côte d'Ivoire (UPET-CI), le Groupement des Professionnels des Taxis-Compteurs (GPTC), l'Union des Propriétaires de Taxis-Compteurs de Côte d'Ivoire (UPTC-CI), et le Rassemblement des Propriétaires de Taxis-Compteurs d'Abidjan (RPTCA). Son siège social qui était à Cocody-Angré, vers le carrefour du 22ᵉ arrondissement de police est depuis un moment délocalisé à Treichville-Quartier Biafra. Aujourd’hui, nous sommes profondément choqués. Comment une faîtière comme la nôtre, qui représente les propriétaires de taxis-compteurs, peut-elle accepter une telle décision ? Cette augmentation a été décidée sans que nous soyons consultés ni associés. Le ministre a convoqué une réunion avec ses partenaires du secteur des transports, mais la FIPETCA n’y a pas été invitée. Pourtant, nous sommes le principal interlocuteur légal des propriétaires de taxis-compteurs. S’il doit y avoir une augmentation du prix du carburant, nous devions être associés en amont pour travailler avec le ministère des Transports.
La clientèle des taxis que vous représentez doit-elle s’attendre à une hausse des tarifs des courses ?
Pour l’instant, nous sommes en concertation avec les patrons et propriétaires de taxis-compteurs pour évaluer une éventuelle hausse de nos tarifs. Selon les informations que nous avons eues à l’issue de la rencontre au ministère des Transports, le ministre a demandé aux transporteurs d’accepter l’augmentation du carburant sans répercuter la hausse sur les tarifs, au motif que l’État a déjà subventionné la marge. Or, à notre niveau, cette nouvelle augmentation a un impact direct sur nos revenus. Avant, la recette journalière était fixée à 20 000 FCFA. Depuis que le carburant est passé à 905 FCFA, les chauffeurs nous demandent de baisser cette recette de 2 000 FCFA. La recette passerait donc à 18 000 FCFA. Mais avec 18 000 FCFA, comment pouvons-nous couvrir les charges du véhicule, payer nos partenaires, nos fournisseurs et honorer nos dettes bancaires ? C'est quasiment difficile. Pour l’heure, nous ne parlons pas encore d’augmentation. Nous poursuivons les discussions avec les propriétaires. Dans les jours ou semaines à venir, la FIPETCA se prononcera sur l’opportunité d’ajuster ou non nos prix.
En tant que sociétaire de la Mutuelle d’Assurances des Taxis-Compteurs d’Abidjan, la MATCA, que pensez-vous de l’administration provisoire de monsieur Balamine Dicoh ?
Pour nous, cette administration provisoire est un échec total. Elle a été mise en place il y a plus d’un an pour régler la crise à la Mutuelle d'Assurances des Taxis-Compteurs d'Abidjan (MATCA). Mais aujourd’hui, la crise de confiance entre partenaires demeure.
Nous demandons même sa démission. On ne comprend pas pourquoi des personnes qui n’arrivent pas à régler le problème pour lequel elles ont été mandatées refusent de partir quand le délai légal est dépassé.
Depuis son arrivée, l’administrateur provisoire n’a ni augmenté le chiffre d’affaires de la MATCA, ni relancé les projets initiés par le Conseil d’Administration sortant. Tout est à l’arrêt. On nous dit qu’il perçoit 5 millions FCFA par mois. Quelqu’un qui est payé 5 millions pour gérer nos affaires et qui n’obtient aucun résultat doit partir ! Nous demandons aux autorités de mettre fin à cette administration provisoire pour le bien de notre mutuelle.
La Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances (CIMA) avait pourtant fait élire un certain Adama Coulibaly comme PCA de la MATCA en 2009 pour réguler le secteur. Comment expliquez-vous que la crise perdure ?
J’ai beaucoup de respect pour monsieur Adama Coulibaly. Mais il doit comprendre la situation. Après son départ de la MATCA vers 2009, un autre Conseil d’Administration a pris la relève. L’équipe de Fama Touré a géré la mutuelle pendant 10 ans. Alors pourquoi, en 2026, cette Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances (CIMA) reconnaîtrait-elle encore monsieur Adama Coulibaly comme PCA de la MATCA ? Il est vrai qu’il a été PCA, mais il a été révoqué par son propre Conseil d’Administration. Un nouveau PCA et un nouveau DG ont ensuite été nommés pour poursuivre la gestion de la mutuelle. Je ne pense donc pas que le rappeler aujourd’hui soit la solution pour sauver la MATCA.
Pouvez-vous rappeler à l’opinion publique les raisons de la révocation d'Adama Coulibaly à l’époque ?
Je vous renvoie vers le Haut Conseil du Transport. Son PCA et son DG pourront vous apporter les réponses. Je vous invite aussi à interroger directement M. Adama Coulibaly, ses anciens collaborateurs et les membres du Conseil d’Administration de l’époque. Ils sont les mieux placés pour vous éclairer.
Le nom de Fama Touré revient souvent quand on parle de la MATCA. Quel regard portez-vous sur son passage à la tête de la mutuelle ?
Dans l’histoire de la MATCA, Fama Touré est le sauveur de l’entreprise, je dirais même le messie. Les autorités, la CIMA et la Direction Nationale des Assurances (DNA) en sont témoins. Le ministère de l’Économie et des Finances connaît le travail colossal qu’il a accompli avec son équipe. Leur nom ne peut pas disparaître. Après le départ de M. Adama Coulibaly en 2009, c’est Fama Touré qui a été sollicité en tant que sociétaire et technocrate, ingénieur en assurance, pour redresser la mutuelle. À ma connaissance, il a été élu PCA par le Conseil d’Administration, sa nomination a été validée par la CIMA. Je n’ai certes jamais vu l’agrément de la CIMA qui rendait légale la signature de Fama Touré à l’époque. Mais dans la mesure où une structure comme la Direction Générale des Assurances nous l’a confirmé, nous n’avons pas eu besoin de douter de sa légitimité au point d’aller réclamer le document en question (agrément). Pendant 10 ans, l’équipe Fama Touré a stabilisé et relancé les activités de la MATCA. Leurs bilans sont inattaquables. À la FIPETCA, Fama Touré est d’ailleurs l’un de nos présidents d’honneur. Il faut donc faire attention quand on parle de lui.
En clair, c’est le PCA du Haut Conseil des Transports routiers, Camara Aboudramane, et son DG, Diaby Ibrahim, qui ont imposé cette crise à la MATCA.
Vagoné Dry-Bi
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