Un oubli occasionnel est courant. Ce qui doit alerter, c’est un changement progressif, répété et suffisamment important pour perturber la vie quotidienne.
Exemples d’Oublis ordinaires et d’Oublis pouvant évoquer Alzheimer ci-dessous :
- Oublier occasionnellement un rendez-vous, puis s’en souvenir
Oublier fréquemment des rendez-vous ou des événements importants sans s’en souvenir



- Chercher parfois un mot, mais le retrouver plus tard
Perdre souvent le fil d’une conversation ou utiliser des mots inadaptés
- Égarer un objet, puis retracer ses gestes pour le retrouver
Ranger des objets dans des endroits inhabituels et ne plus savoir comment les retrouver
- Entrer dans une pièce et oublier momentanément ce que l’on venait y faire
Ne plus savoir pourquoi l’on se trouve dans un lieu familier
- Faire une erreur occasionnelle dans ses comptes
Éprouver des difficultés répétées à gérer son argent, ses factures ou ses médicaments
- Confondre momentanément le jour de la semaine
Perdre régulièrement la notion du temps, de la date ou du lieu
- Avoir parfois besoin d’aide avec un nouvel appareil
Ne plus réussir à effectuer une tâche familière auparavant maîtrisée
- L’oubli reste stable et ne compromet pas l’autonomie
Les difficultés s’aggravent progressivement et affectent l’autonomie
Lorsque les oublis deviennent fréquents, progressifs et qu’ils perturbent la vie quotidienne, il est important que l’entourage de la personne qui la connait bien procède àun repérage précoce, c’est-à-dire identifier, dès leur apparition, les changements inhabituels de la mémoire ou d’autres capacités cognitives, puis orienter rapidement la personne vers une évaluation médicale.
On porte une attention particulière aux oublis qui présentent plusieurs caractéristiques:
- ils sont nouveaux par rapport au fonctionnement habituel de la personne ;
- ils deviennent répétitifs ou progressivement plus fréquents ;
- ils concernent surtout des informations récentes ;
- la personne ne retrouve pas facilement l’information, même avec un indice ;
- ils commencent à perturber l’autonomie ou la vie quotidienne ;
- ils sont parfois davantage remarqués par l’entourage que par la personne elle-même.
Donc, concrètement, il s’agit de :
- Observer et documenter les changements
- Noter leur date d’apparition, leur fréquence, leur évolution et leurs conséquences dans la vie quotidienne.
- En parler sans stigmatiser : la famille, un aidant ou un professionnel de proximité peut proposer une consultation, sans annoncer prématurément qu’il s’agit d’Alzheimer.
- Faire une première évaluation médicale : le médecin recueille les observations de la personne et, avec son accord, celles d’un proche. Il examine la mémoire, le langage, l’orientation, l’attention, le raisonnement et le degré d’autonomie.
- Rechercher d’autres causes possibles
Certains troubles de mémoire peuvent être liés à une dépression, un médicament, un mauvais sommeil, une infection, une carence en vitamine B12, un trouble thyroïdien, l’alcool, ou encore une déficience auditive ou visuelle. Certaines de ces causes sont traitables.
Une orientation vers une évaluation spécialisée, si nécessaire, est recommandée. Celle-ci peut comporter des tests cognitifs plus complets, des analyses biologiques, une imagerie cérébrale et, dans certaines situations, la recherche de biomarqueurs.
Repérer tôt, c’est reconnaître un changement cognitif inhabituel avant qu’il ne devienne très invalidant, afin d’en rechercher rapidement la cause.
À retenir : Ce n’est pas l’oubli isolé qui caractérise la maladie d’Alzheimer, mais sa fréquence, son aggravation et ses conséquences sur la vie quotidienne. Un oubli isolé n’est pas nécessairement alarmant : c’est surtout son évolution et son impact sur l’autonomie qui doivent alerter.
Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic de démence. Une consultation médicale est recommandée lorsqu’ils deviennent répétés, progressifs ou préoccupants, car d’autres causes parfois traitables peuvent provoquer des troubles de mémoire. Consulter tôt permet d’en rechercher la cause, d’obtenir un diagnostic et de mettre en place rapidement un accompagnement adapté.
14 Facteurs de risque de la démence :
#1 l’inactivité physique
#2 le tabagisme
#3 la consommation excessive d’alcool
La consommation excessive et prolongée d’alcool augmente le risque de déclin cognitif et de démence, notamment par ses effets toxiques sur le cerveau, ses conséquences vasculaires et les carences nutritionnelles qu’elle peut provoquer.
La Commission permanente du Lancet sur la démence, dans son rapport de 2024, indique qu’une consommation abusive d'alcool, à savoir une consommation supérieure à 168g d’alcool pur par semaine, augmentent le risque de démence. L'usage nocif de l'alcool est un facteur causal dans plus de 200 maladies et traumatismes.
La consommation excessive d’alcool augmente le risque de développer une maladie d’Alzheimer ou une autre forme de démence, car elle peut endommager le cerveau de plusieurs façons :
Effet toxique sur les neurones : l’alcool, consommé régulièrement en grande quantité, altère les cellules cérébrales et leurs connexions, notamment dans les régions impliquées dans la mémoire et l’apprentissage.
Atrophie cérébrale : une consommation excessive prolongée peut réduire le volume de certaines structures du cerveau.
Atteinte des vaisseaux sanguins : l’alcool favorise l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux et d’autres maladies cardiovasculaires, qui augmentent le risque de démence vasculaire et peuvent aggraver les lésions liées à Alzheimer.
Carences nutritionnelles : l’alcool peut provoquer une carence en vitamine B1, indispensable au fonctionnement cérébral, et entraîner de graves troubles de la mémoire.
Inflammation et stress oxydatif: il favorise des mécanismes susceptibles d’accélérer le vieillissement et les dommages du cerveau.
Traumatismes crâniens : l’ivresse augmente le risque de chutes et d’accidents, eux-mêmes associés à un risque accru de démence.
Il faut toutefois être précis : l’alcool ne provoque pas systématiquement la maladie d’Alzheimer. C’est surtout la consommation excessiveet prolongée qui constitue un facteur de risque modifiable. Elle peut également provoquer des troubles cognitifs directement liés à l’alcool, distincts de la maladie d’Alzheimer.Boire moins d’alcool contribue à protéger les neurones, les vaisseaux sanguins et la santé du cerveau.
Demain nous aborderons la question du diagnostic précoce et des premiers signes qui doivent encourager à consulter. Nous présenterons un quatrième facteur de risque :#4 la pollution atmosphérique
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La Maison de nos Parents.
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