Discours intégral du Président Laurent Gbagbo, Cococo à Yopougon Ficgayo, Samedi 16 août 2025.
Chers amis, je voudrais vous remercier d'être aussi nombreux. Je voudrais d'abord remercier le Front Commun d'avoir organisé, le week-end passé, une marche gigantesque, une marche extraordinaire. Et vous, je voudrais vous remercier, vous aussi, d'avoir participé à cette marche. Mais avant de continuer, je voudrais soulever un petit problème, un tout petit problème. Je n'ai pas aimé quand vous avez chanté, quand vous aviez dit que vous allez installer Gbagbo au pouvoir et que vous disiez : "Petit mossi, va chez toi". Je n'ai pas apprécié cela. Chers amis, ne répétez pas ça. Ne répétez plus cela. (Le public en chœur : "On a compris, on a compris, on a compris.")

D'accord, si vous avez compris, c'est bon. Parce qu'il y a beaucoup de pays qui nous ont aidés. Quand on m'a arrêté en 2011, beaucoup de nos camarades étaient en exil au Ghana, au Liberia, au Burkina Faso, au Togo, au Bénin... Vous voyez, beaucoup sont partis en France. Donc ça, ça ne ressemble ni au PDCI-RDA, ni au PPA-CI. Je cite le PDCI-RDA parce que le RDA est né à Bamako. C'est le PDCI qui est né à Treichville. Donc si vous avez compris, c'est bon. J'ai demandé à Me Habiba Touré de rédiger un communiqué pour le lundi et ce sera clos. Prochainement, il faut répondre à ceux qui vous attaquent, mais il faut leur répondre sans citer leurs origines, leurs pays. Vous avez compris ? (Le public en chœur : Ouiiii !!!) Voilà !
Je voulais commencer par là. Mais chers camarades, chers amis, le sujet qui nous réunit aujourd'hui, c'est un sujet grave, très grave. Le RHDP se réunit et demande au Chef de l'État d'être son candidat. C'est un problème qu'on va attaquer tout à l'heure. Et le Chef de l'État leur dit : « J'ai compris, je vais réfléchir ». Il prend l'avion et s'en va en France. Quand il rentre à l'Élysée et qu'il en sort, il prend l'avion et revient à Abidjan. Le lendemain, il nous dit : « Je serai candidat ». Or donc, c'est à l'Élysée qu'il réfléchit ? (Rires dans le public.) C'est à l'Élysée qu'il prend les réponses à donner à ses militants et à la Côte d'Ivoire ? Je n'accepte pas ça. Je n'accepterai pas cela. On est indépendant ou on lutte pour l'indépendance, mais on n'est pas dépendant de l'Élysée. Je refuse ça. Et si c'est pour ça qu'ils ont bombardé ma résidence présidentielle quand j'étais président, eh bien, ils peuvent recommencer. Parce qu'un pays libre est un pays libre. Un pays libre doit être un pays libre. Je n'accepte pas qu'on joue de façon si caricaturale avec notre indépendance.






Maintenant, reste le vrai sujet : le sujet du 4ᵉ mandat. Mais pourquoi quelqu'un va faire 4 mandats en Côte d'Ivoire ? Pourquoi ? Pourquoi quelqu'un croit qu'il peut faire 4 mandats en Côte d'Ivoire ? Je refuse, je refuse, je refuse ! (Applaudissements et le public en chœur : On refuse, on refuse, on refuse !) Il faut refuser hein ! Mais comment ? La Constitution est claire, la Constitution est nette, la Constitution interdit à un citoyen de faire plus de 2 mandats, et toi, tu veux en faire 4. Mais pourquoi t'arrêter à 4 ? Si tu fais 4, fais 5, fais 6... fais 10 en même temps. Tu as trouvé tes moutons, alors tu peux t'asseoir sur eux tant que tu veux ? Quand Guéï Robert a pris le pouvoir après le coup d'État qu'on lui a attribué, il nous a tous convoqués. Et ils nous ont demandé de réfléchir à la rédaction d'une Constitution. Nous avons été tous des constituants. C'est là qu'on a trouvé qu'il fallait limiter le nombre de mandats. On a dit : 2. Houphouët a eu la chance. À son temps, la Constitution ne prévoyait pas deux mandats seulement. Aux États-Unis, ils ont fait plusieurs mandats jusqu'à Roosevelt. Ici, c'est au moment où on a limité les mandats que quelqu'un vient et il est en train de finir son 3ᵉ mandat illégal. Le 3ᵉ mandat même qu'il finit est illégal. Mais non content d'achever un mandat illégal, le 3ᵉ, il veut en faire un 4ᵉ. Je voudrais que vous tous qui êtes là, alliez lui dire qu'il ne fera pas de 4ᵉ mandat.
Je voudrais que vous alliez lui dire qu'il ne fera pas ce 4ᵉ mandat. J'écoutais la radio l'autre fois et j'entends que son parti veut organiser une marche pour le 4ᵉ mandat. Je dis : "Ehehehe, voilà des gens qui veulent nous donner de la nourriture." Mais si c'est comme ça, nous allons marcher tout le temps, tous les jours, pour dire "NON" au 4ᵉ mandat. S'ils marchent, nous aussi nous marchons, et la Côte d'Ivoire va devenir un pays de marcheurs. (Rires dans le public.) Il faut que les gens sachent que notre détermination est claire, nette : il n'y aura pas de quatrième mandat ! Notre détermination est sans faille. Alors, pour nous rouler pendant qu'ils annoncent ça, ils arrêtent nos camarades. Ils arrêtent des militants du PDCI-RDA, du PPA-CI, ils les mettent en prison. Ils pensent que nous sommes des couillons, quoi ? On va laisser le quatrième mandat pour aller négocier la libération de nos camarades. Et puis on va se perdre là. NON ! On a compris ça hein ! On a compris ça. Donc nos amis qui sont en prison, je voudrais leur dire notre appui, notre soutien, nous les soutenons fort, nous sommes avec eux et nous ferons tout ce qu'il faut pour qu'ils soient libérés. Mais nous ne lâcherons pas le quatrième mandat pour leur libération. Comme il ne fera pas de quatrième mandat, ils seront libérés bientôt. Mais qui a trompé ce Monsieur en lui faisant croire qu'il pouvait venir comme ça et puis dire un jour qu'Amadou Gon est décédé donc il est obligé de faire un troisième mandat ? Et un autre jour, dire qu'il a bien travaillé, qu'il y a la paix, il va faire un quatrième mandat. Mais qui lui a dit ça ? Mais qui a trompé ce Monsieur en lui faisant croire qu'il pouvait venir comme ça et faire un 4ᵉ mandat ? Qui lui a dit ça ? Le 3ᵉ mandat est illégal, mais il ne faut pas rêver, même pas à un autre mandat. Non, non, non. (Le public en chœur : "Faut pas rêver, faut pas rêver, faut pas rêver.")






Exactement, qu'il ne rêve pas ! Et je le dis haut et fort, pour lui-même, pour ses soutiens locaux ici et pour ses soutiens extérieurs. Pour être sûr de faire son 4ᵉ mandat, Thiam, président du PDCI, est écarté de la liste, Laurent Gbagbo, président du PPA-CI, est écarté de la liste, Soro Guillaume est écarté de la liste. Mais qui lui a dit ça ? Qui l'a blagué comme ça ? Tu viens, les deux partis les plus importants de l'opposition, tu enlèves leurs candidats et puis tu te poses, et puis la vie est belle pour toi, la vie est belle, hein, tu circules. Non, non, il ne faut pas rêver, il ne faut pas rêver, il n'y aura pas de quatrième mandat. Nos camarades, nous demandons leur libération aujourd'hui même, nous demandons leur libération, mais en même temps, nous affirmons aujourd'hui même qu'il n'y aura pas de quatrième mandat. Nous pouvons faire l'un et l'autre, nous ne sommes pas obligés de faire l'un pour oublier l'autre. Le troisième mandat lui-même est illégal. Ce n'est pas le mandat à cause duquel on a égorgé Toussaint Koffi là ? En 2010, on a tué des gens. En 2020, on a égorgé Toussaint Koffi et maintenant, on va faire un quatrième mandat, on ne sait pas qui va mourir. Il ne fera pas un quatrième mandat. Voilà. Je suis venu ici pour dire que je suis candidat contre le quatrième mandat. (Le public : On est prêts, on est prêts.)
Moi, je ne discute pas sur le fait qu'il (Alassane Ouattara) ait travaillé ou pas parce que quand je suis arrivé à la présidence de la République, le plan, par exemple du troisième pont, était déjà sur la table. Le pont Henri Konan Bédié. Je ne l'ai pas fait parce qu'on l'avait mis payant. Je dis que je ne veux pas un pont payant entre Marcory et Cocody. Vous pouvez demander à tous ceux qui ont eu des dossiers en main. On était en train de discuter de ce sujet quand la rébellion a éclaté, alors je me suis retourné vers autre chose, vers la Côte d'Ivoire. J'étais d'accord avec une route payante sur l'autoroute, vers Adzopé, mais pas entre Marcory et Cocody. C'est ça. Bon maintenant, il se vante de beaucoup de choses. C'est bien. Je pense qu'il a fait des choses. C'est bien. Mais moi, ce n'est pas ça. Il y a des gens qui ont fait des choses et qui sont partis. Winston Churchill, en Grande-Bretagne, au moment de la Seconde Guerre mondiale, a résisté contre les armées allemandes. Il a fait reculer l'Allemagne. Il a protégé son territoire contre l'Allemagne. Mais quand Churchill a fini son mandat, il est parti. Quand on finit son travail, on s'en va. On ne dit pas : "Comme j'ai bien travaillé, je vais rester." De Gaulle, la France était en déconfiture. En Algérie, en France même, De Gaulle est venu, il a fait une nouvelle Constitution, il a redressé la France, il a travaillé. Quand De Gaulle a compris que les Français l'avaient oublié en 1969, il est parti. Alors, quand on finit son travail, on s'en va. Et lui (Ouattara) a fini son travail. Mais il ne sait pas qu'il a fini. Donc pardon, dites-lui que son travail est fini. Quand c'est fini, tu t'en vas. Quand François Mitterrand a fini et qu'il a fait supprimer la peine de mort, après son deuxième mandat, il est parti. Quand on finit son travail, on s'en va. Répétez ça comme slogan. (Gbagbo en chœur avec le public : "Quand on finit son travail, on s'en va.") Donc c'est ça que je suis venu vous dire : la détermination qui est la nôtre à lutter contre le quatrième mandat. Ils veulent marcher ? Nous aussi, on va marcher. C'est tout. Ils veulent marcher, nous allons marcher aussi. C'est tout, il n'y a pas de problème. S'ils veulent marcher, on marche. Abidjan est grand, oh, Abidjan est grand. S'ils marchent à Abobo, nous, on peut marcher à Yopougon. S'ils marchent au Plateau, nous, on peut marcher à Marcory. Il n'y a pas de problème.






Donc chers amis du PDCI-RDA et des autres partis, je vous remercie d'être venus à ce meeting. Je suis venu ici pour dire que je suis candidat contre le quatrième mandat. On me dit que quelqu'un m'a jugé et m'a condamné, et qu'à cause de cela, je ne peux pas être candidat. Est-ce que vous croyez ça, vous ? (Le public : NOOON ! Un Président de la République, on ne le juge pas n'importe comment, on ne le juge pas devant n'importe quelle juridiction. Donc, moi, je rejette ce jugement. Et puis, de toutes les façons, il y a eu une amnistie qui, en principe, efface tous les faits, pas les hommes, mais les faits. Alors, quelle est cette amnistie qui est faite de telle sorte que tous mes amis sont amnistiés et pas moi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c'est moi, quoi ? Non, il faut sortir de la plaisanterie. Nous allons gagner l'élection pour que tous les enfants de ce pays puissent aller à l'école. J'avais commencé l'école gratuite au moins jusqu'à 16 ans. On avait fabriqué des livres qu'on remettait aux élèves et qui les renvoyaient à la fin de l'année. Nous allons gagner l'élection pour que les Ivoiriens soient soignés par l'Assurance Maladie Universelle (AMU). Nous allons gagner l'élection pour qu'Adjamé Village soit reconstruit. Dans quel pays avez-vous vu qu'on arrive et qu'on casse un village ? Pourquoi ? Donc, chers amis, nous allons gagner l'élection pour que les femmes et les jeunes aient leur banque. Une banque pour qu'ils puissent emprunter et créer leur petit djossi (travail en argot ivoirien). Mais, tu es Président (Alassane Ouattara), tu te lèves le matin, tu regardes tous ces jeunes-là au chômage, ils marchent au Plateau, ils marchent à Yopougon jusqu'au soir, ils rentrent et ne savent même pas où aller dormir, et puis tu es tranquille. Moi, je ne suis pas tranquille, donc c'est pour tout ça que nous allons gagner. Et puis, évidemment, la digba (grosse en argot ivoirien) dette qu'on nous a laissée, une digba dette. Je ne connais pas le chiffre maintenant, mais c'est vraiment une digba dette. Bof, il y a un petit professeur qui a dit que ce n'était pas un bon français. Bon, lui, on le laisse parce que quand vous n'avez pas le même niveau, on ne peut pas se comprendre. Donc, chers amis, voilà ce que j'étais venu vous dire : "Pas de quatrième mandat, pas de quatrième mandat et pas de quatrième mandat." Vive la Côte d'Ivoire. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.
Source : Sercom PPA-CI
NB : Publié tel que reçu





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