Le PDCI-RDA, héritier d’une longue histoire et colonne vertébrale de la politique ivoirienne, traverse une mutation inquiétante. Ceux qui prétendent le défendre sont souvent ceux qui, paradoxalement, l’affaiblissent.
Hier, sous l’ère de Bédié, nous étions dans ce qu’on pourrait appeler « l’ère des rentiers ». Les « rentiers » à cette époque profitaient de la proximité avec le Président Henri Konan Bédié et du prestige du PDCI non pas pour bâtir, innover ou réinventer le parti, mais pour vivre des avantages, des privilèges et des rentes financières que procurait leur fidélité. Certes, tout n’était pas parfait, mais la logique de continuité, de respect des anciens et de préservation de l’héritage tenait encore debout. On pouvait avancer, tant bien que mal.
Aujourd’hui, nous voilà dans l’ère des aventuriers. Catastrophique ! Les aventuriers, dans le PDCI actuel, désignent ceux qui ont rallié le PDCI RDA et son nouveau président non pas par conviction profonde ou fidélité historique au parti, mais par opportunisme politique; ils misent plutôt sur la nouveauté, le prestige international et l’image de renouveau qu’incarne Thiam pour se frayer une place au soleil. Amateurisme, clientélisme, improvisations grossières… Le parti qui fut jadis modèle de discipline et d’organisation se transforme en théâtre d’invectives et de calomnies. Les nouveaux venus, sans vergogne, se moquent du parcours et de l’expérience des devanciers. On ne respecte plus ni les sacrifices, ni les engagements, ni la mémoire. L’injure a remplacé l’argument, l’humiliation a supplanté la dignité.
La démission de Me Linda Diplo en est le symbole criant. Vaillante militante, déléguée départementale à Grand-Bassam, membre de la chancellerie du parti, fidèle parmi les fidèles du président Bédié, elle a donné temps, énergie et honneur au PDCI. Et pourtant, elle finit par quitter la maison, lassée de ce climat délétère. Quand même une militante de cette trempe, de cette loyauté, de ce dévouement ne trouve plus sa place, cela doit faire réfléchir.
Car tout le monde ne supporte pas la plaisanterie et l’amusaille. Tout le monde n’accepte pas que sa dignité, et la dignité collective, soient sabordées au nom de petits calculs ou de jeux d’appareil.
Oui, le PDCI souffre. Oui, il est fatigué non par ses adversaires extérieurs, mais par ses propres héritiers. Des rentiers aux aventuriers, la descente est brutale. Et tant que la maison ne retrouvera pas le sérieux, la discipline et le respect qui faisaient sa force, elle continuera de s’effriter, au grand dam de ceux qui l’aiment encore sincèrement.

PAN (Philippe-Arnaud N'DA)





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