Le 30 juin 2026, à l’occasion des festivités marquant les 80 ans du PDCI-RDA au stade de la Paix de Bouaké, une intervention du Vice-président du Parti, Me Blessy Jean-Chrysostome, a ravivé un débat sensible dans l’espace public ivoirien, mêlant mémoire de la crise armée de 2002, justice historique et lecture politique des trajectoires individuelles.

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S’exprimant devant des militants et responsables politiques, Me Blessy a déclaré : « Bouaké est devenue une ville effrayée, une ville fantôme depuis la rébellion. Le sang des innocents continue de réclamer justice, et le PDCI-RDA ne fera pas silence sur cette page noire de la Côte d'Ivoire. Nous avons perdu cette zone depuis un bon moment parce que les démons s’y sont installés sous le couvert de la division. Mais le PDCI-RDA ne pliera pas parce qu'il est un parti d’avenir, car il sera au pouvoir demain. Dans quelques mois seulement, il fera jour. »

Cette prise de parole, prononcée sur le sol même de Bouaké – ville martyre profondément marquée par les événements de septembre 2002 –, s’inscrit dans une démarche légitime de rappel mémoriel des souffrances des victimes et de responsabilité collective. Elle ne vise aucune personne nommément, mais souligne la nécessité d’un travail de vérité historique dans le cadre des 80 ans du PDCI-RDA. Sa dimension émotionnelle et symbolique renvoie directement à la douleur encore vive des populations locales.

C’est dans ce contexte que l’activiste Franck Bi Ballo Zoro a publié sur les réseaux sociaux une analyse critique, interrogeant la cohérence du discours du PDCI-RDA en soulignant la présence du général GUEU Michel, Vice-président du PDCI-RDA, et en rappelant son parcours durant la crise de 2002. Cette intervention, relayée largement, repose sur des associations entre passé militaire et positionnements politiques actuels.

Face à cette polémique, le général GUEU Michel occupe une place particulière en tant qu’ancien officier supérieur engagé aujourd’hui dans la vie politique au sein du PDCI-RDA. Dans un souci de transparence, son témoignage détaillé sur les événements de septembre 2002 est reproduit intégralement ci-dessous. 

TÉMOIGNAGE DU GÉNÉRAL GUEU MICHEL

 I. L'irruption nocturne : le déclenchement de la rébellion armée

Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 septembre 2002, je suis arraché au sommeil, comme des milliers d'habitants de Bouaké et d'autres agglomérations de Côte d'Ivoire, par les détonations caractéristiques d'armes à feu. Des hommes en armes, venus des régions septentrionales du territoire national, ont fait irruption simultanément dans plusieurs villes ivoiriennes, y compris Abidjan, capitale économique du pays.

Il ne s'agit ni d'une rumeur, ni d'une simple échauffourée localisée : c'est le commencement d'une insurrection armée d'une ampleur que nul, dans ces premières heures de confusion et d'effroi généralisé, ne saurait encore mesurer pleinement.

Les informations qui me parviennent dans les premières heures de ce jeudi sont accablantes dans leur cohérence. À Bouaké, la quasi-totalité des installations militaires est tombée sous le contrôle des assaillants avec une rapidité qui laisse sans voix.

Une seule position résiste encore : l'École Nationale des Sous-Officiers d'Active, communément désignée sous l'acronyme ENSOA. Partout ailleurs, le dispositif sécuritaire de l'État ivoirien s'est effondré avec une soudaineté révélatrice. Des cadres militaires ont abandonné leurs postes et leurs unités ; certains se sont réfugiés chez des particuliers, amis ou membres de leur famille ; d'autres ont regagné leurs villages d'origine ; d'autres encore ont franchi les frontières nationales pour se mettre en sûreté dans les États voisins, notamment le Mali.

Il convient de l'écrire avec toute la rigueur que commande l'exactitude historique : ce fut une débandade généralisée, un effondrement à la fois moral et institutionnel, aussi soudain que révélateur des fractures profondes qui travaillaient l'armée ivoirienne bien en deçà de sa surface apparente.

Je cherche à obtenir des instructions opérationnelles. Je parviens à joindre mon chef hiérarchique, le Commandant de la 3ème Région Militaire, sur son téléphone portable. Sa réponse, sobre dans sa formulation, trahit une déconnexion réelle vis-à-vis de l'urgence opérationnelle : il me conseille d'attendre l'arrivée de renforts afin de m'y adjoindre.

J'enregistre cette instruction. Je lui reconnais une certaine prudence de bon sens. Mais je ne peux, en mon âme et conscience d'officier, demeurer dans l'attente passive alors qu'une poche de résistance subsiste et que des hommes, mes hommes, sont susceptibles de continuer le combat. Je décide de rejoindre l'ENSOA.

 II. L'organisation de la résistance : commander avec des moyens dérisoires

En ma qualité d'officier le plus ancien dans le grade le plus élevé encore présent sur le terrain à Bouaké, il m'incombe d'assumer le commandement de fait des forces loyalistes encore présentes dans le périmètre. Du vendredi 20 au lundi 23 septembre 2002, soit sur une période de quatre jours consécutifs, j'organise et je conduis une résistance armée au sein de l'ENSOA, avec un effectif réduit de militaires que je n'hésite pas à qualifier de patriotes au sens le plus noble de ce terme.

Officiers, sous-officiers et soldats du rang, réunis dans le même refus de la capitulation, nous ne disposons pour tout armement que de fusils d'assaut kalachnikov AK-47 et d'un contingent extrêmement limité de munitions de calibre 7,62 millimètres, dix cartouches pour certains combattants, quinze pour d'autres. Ces chiffres, à eux seuls, rendent compte de l'indigence matérielle dans laquelle nous sommes abandonnés à nous-mêmes.

Il faut reconnaître a posteriori que l'appréciation de situation formulée par mon commandant de région n'était peut-être pas dénuée de fondement : la totalité des camps militaires de Bouaké est entre les mains des assaillants, y compris la Base Aérienne. L'État-Major de la 3ème Région Militaire ne dispose ni d'un magasin d'armes, ni d'une soute à munitions opérationnelle. Face à une force insurgée dont nous ignorons encore la nature exacte, le volume des effectifs et les intentions stratégiques précises, notre résistance relève autant de l'acte moral que de la manœuvre militaire proprement dite.

Dans les premières heures du soulèvement, l'hypothèse d'une mutinerie des « Zinzins » et des « Bahéfouets » — ces anciens militaires réintégrés sous le Général Robert Guëi et que le gouvernement en exercice envisageait de démobiliser, et dont les velléités de soulèvement avaient fait l'objet de signalements antérieurs, avait été envisagée. Cette piste s'avère rapidement insuffisante pour rendre compte de l'ampleur, de la coordination et de la simultanéité de l'offensive sur plusieurs théâtres.

Dès les premiers moments de la résistance, je multiplie les contacts téléphoniques avec la hiérarchie militaire et politique à Abidjan, dans l'espoir d'obtenir soit des renforts, soit, à tout le moins, des moyens matériels permettant d'engager le combat dans des conditions tactiques acceptables. Je contacte successivement le Général Chef d'État-Major des Armées, le Général Commandant des Forces Terrestres, le Ministre en charge de la Défense nationale.

Je prends également attache avec le Commandant de la Marine Nationale et le Directeur du Commissariat des Armées, ce dernier étant un de mes anciens stagiaires de la Division d'Application des Officiers de l'École des Forces Armées de Bouaké, avec lequel des liens d'amitié professionnelle s'étaient consolidés au fil des années, et dont la proximité alléguée avec le pouvoir en place m'autorisait à espérer une intervention efficace.

J'entre en outre en communication avec le Commandant de la 3ème Légion de Gendarmerie et le Commandant de l'Escadron Commando de Gendarmerie. Ces démarches, nombreuses et réitérées, demeurent sans effet concret. Les renforts n'arrivent pas.

Je me trouve seul avec mes hommes dans cette école transformée en forteresse improvisée. À Abidjan, pendant ce temps, un Conseil des Ministres extraordinaire se réunit et publie un communiqué officiel aux formulations singulièrement décalées par rapport à la réalité que je vis sur le terrain. Ce communiqué proclame la région de Bouaké « zone de guerre », ce que la situation établit de fait depuis les premières heures, et me nomme, sous le titre de « Colonel GUEU Michel », « Commandant des opérations ». Je tiens à préciser que j'avais alors le grade de Lieutenant-colonel et occupais les fonctions de Commandant en Second de la 3ème Région Militaire. Certes, j'étais inscrit au tableau d'avancement pour accéder au grade de Colonel au 1er octobre 2002, mais cette promotion n'avait pas encore pris effet. Cette nomination symbolique, intervenant alors que j'étais déjà encerclé et dépourvu de tout appui logistique, allait avoir des conséquences dont je ne mesurais pas encore toute la portée.

 III. La chute de l'ENSOA et le repli vers la clandestinité

Dans l'après-midi du lundi 23 septembre 2002, les forces insurgées passent à l'offensive contre notre position. Manifestement informées du communiqué gouvernemental, qui avait rendu publics mon identité et mon rôle de commandant de la résistance, et ayant obtenu des renseignements sur l'organisation mise en place à l'ENSOA, elles procèdent d'abord à une opération de reconnaissance, suivie de deux irruptions successives au cours desquelles plusieurs de mes officiers sont appréhendés.

Il m'apparaît, avec le recul, que notre dispositif avait été pénétré par des éléments d'infiltration. Cette infiltration, conjuguée à la supériorité écrasante des assaillants en termes d'armement kalachnikovs AK-47, canons de défense contre avion, lance-roquettes RPG-7 et diverses armes d'assaut automatiques – et à leur nette supériorité numérique, rend la poursuite de toute résistance organisée impossible. Nous sommes contraints d'abandonner nos positions à l'ENSOA.

Je me replie à "Sokoura", chez un Caporal-chef dont le domicile m'avait déjà servi de point de transit le matin du vendredi 20 septembre. Je maintiens, depuis cette retraite précaire, une communication téléphonique intermittente avec mes supérieurs hiérarchiques à Abidjan.

Mais le mercredi 25 septembre 2002, aux environs de midi, c'est dans cette modeste demeure que je suis arrêté à mon tour. Un groupe d'individus en tenue militaire treillis, armés de kalachnikovs AK-47, fait irruption. À leur tête se trouve un de mes anciens soldats.

Ce renversement des rôles, un officier supérieur arrêté par son ancien subordonné devenu insurgé, me frappe d'une force symbolique particulière. Il dit, mieux que tout discours analytique, la nature et la profondeur de la fracture qui a traversé l'institution militaire ivoirienne.

 IV. La captivité : entre précarité matérielle et ambivalence humaine

Je suis conduit à la caserne du 3ème Bataillon d'Infanterie de Bouaké, où j'attends plusieurs heures, assis sur une chaise dans le parking attenant au bureau du Chef de corps. Je reçois ensuite la visite d'un haut responsable de la rébellion, lui-même un ancien soldat ayant servi sous mes ordres. Cette récurrence des visages familiers dans le camp adverse me renseigne avec acuité sur la profondeur des clivages qui ont traversé l'armée ivoirienne bien avant le déclenchement des hostilités.

Je suis ensuite conduit dans un central téléphonique désaffecté, aménagé en cellule de fortune. Je dors sur un ancien lit métallique à une place, muni d'une moustiquaire et pourvu d'un matelas. La pièce ne dispose d'aucune installation sanitaire : pour tout besoin d'hygiène, je dois impérativement sortir. La porte, semi-métallique et semi-vitrée, ne possède aucun système de fermeture à clef, condition d'insécurité permanente qui me contraint à une vigilance de tous les instants. Cette vulnérabilité se matérialise dès la nuit de mon arrestation, lorsqu'un haut responsable rebelle se présente à ma porte aux environs de minuit.

Ces conditions de détention, pour précaires qu'elles soient, révèlent une réalité plus complexe que la simple opposition entre geôliers et prisonnier. Les liens hiérarchiques antérieurs, les relations professionnelles et personnelles construites au cours d'une longue carrière, continuent d'exercer une influence perceptible sur la manière dont je suis traité. L'institution militaire, même fracturée et retournée contre elle-même, ne se dépouille pas entièrement de ses codes ni de ses solidarités tacites.

Cette observation n'atténue en rien la gravité objective de ma situation ; elle en éclaire néanmoins les nuances humaines que le récit officiel tend, le plus souvent, à effacer.

 V. Le dilemme de Lomé : la parole maternelle comme boussole morale

Le dimanche 27 octobre 2002, en fin d'après-midi, un certain Docteur Koumba demande à me voir. Il se présente à moi comme le Secrétaire Général du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), l'organisation politico-militaire à l'origine du coup de force du 19 septembre. Il m'informe que la délégation rebelle s'apprête à s'envoler pour Lomé, capitale de la République togolaise, afin d'y engager des négociations avec le camp gouvernemental sous les auspices du Président togolais. Et il me signifie que les insurgés souhaitent que je les accompagne.

La question qui s'impose immédiatement à moi est évidente : en quoi suis-je concerné par le départ d'une délégation rebelle, moi qui me trouve en situation de prisonnier ? L'explication que me livre le Secrétaire Général est d'une franchise désarmante.

L'envoyé du Président togolais, un officier général occupant les fonctions de Ministre de la Défense, avait émis de sérieuses réserves quant à la composition de la délégation rebelle, jugée insuffisamment crédible en raison de sa maigreur : trois membres seulement, sans officier supérieur ni personnalité politique reconnue. Deux des membres de cette délégation, qui m'avaient connu et servi sous mes ordres, avaient alors suggéré de recourir à ma présence pour pallier ce déficit de légitimité. La délégation était déjà à l'aéroport, prête à embarquer. Les insurgés avaient besoin d'un officier supérieur. Ils m'avaient désigné.

Je me trouve devant un dilemme d'une gravité morale et stratégique considérable. Accepter, c'est cautionner, aux yeux de la communauté internationale et de l'opinion nationale, une rébellion armée contre l'État dont je demeure officier. Refuser, c'est m'exposer à une captivité aux issues incertaines dans un contexte de violence politique généralisée, où ma survie ne tient qu'à la relative retenue de mes geôliers.

Toutes les communications téléphoniques civiles à Bouaké étant coupées, je recours au téléphone satellitaire Thuraya du Secrétaire Général du MPCI pour joindre mon épouse à Abidjan et lui exposer la situation. Sa voix, chargée d'inquiétude, me demande de la rappeler dans une dizaine de minutes, le temps qu'elle consulte la « Vieille », ma mère, que Dieu a rappelée à Lui le jeudi 2 avril 2015. La réponse de ma mère est sans équivoque. Elle demande à mon épouse de me dire de partir pour Lomé avec les insurgés. Sa sagesse s'exprime à travers un aphorisme issu de l'Ecclésiaste, chapitre neuf, verset quatre : « Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort. » Ma mère préfère un fils vivant, fût-il associé, par la contrainte des circonstances, à une cause qu'il n'a pas librement choisie, à un fils mort dont on n'aurait peut-être jamais retrouvé la sépulture. Je reçois ses bénédictions, entières et sans réserve.

C'est fort de cette parole maternelle, qui confère à ma décision une légitimité morale irréductible au plan de la conscience personnelle, que j'accepte de m'envoler pour Lomé.

 

VI. Lomé : la révélation publique et ses conséquences familiales

Nous arrivons à Lomé dans la nuit du dimanche 27 octobre 2002, aux environs de vingt et une heures. Nous sommes hébergés dans un grand hôtel dominant la capitale togolaise. On m'attribue une chambre avec suite – honneur dérisoire pour un prisonnier-accompagnateur, mais honneur chargé de signification politique. Car ce protocole dissimulait une intention calculée.

Dès ce soir-là, le Secrétaire Général du MPCI fait annoncer par Radio France Internationale, dans son journal Afrique de vingt-deux heures trente, que « la délégation des rebelles vient d'arriver à Lomé, conduite par le Colonel GUEU Michel ». Cette déclaration produit immédiatement ses effets. Le journal panafricain Jeune Afrique, dans l'une de ses prochaines livraisons, consacre à mon cas un titre éloquent : « Les masques tombent. Le premier officier supérieur connu de la rébellion. »

La vérité est ainsi livrée au grand jour : les insurgés ne comptaient, dans les premières semaines, aucun officier supérieur authentifié dans leurs rangs, en dépit de leurs déclarations initiales sur les radios étrangères, affirmant disposer d'officiers de haut rang, voire de généraux, parmi leurs combattants.

Cette révélation a des conséquences immédiates et dramatiques pour ma famille demeurée à Abidjan. Une belle-sœur de mon épouse, ayant suivi le journal de RFI, l'informe aussitôt de ce qu'elle vient d'entendre. Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 octobre 2002, mon épouse, mes enfants et ma mère sont contraints de fuir notre résidence familiale pour échapper aux menaces des « Escadrons de la mort ». Ils vivront dans la clandestinité la plus totale à Abidjan jusqu'au 31 décembre 2002, date à laquelle, grâce au concours de quelques amis demeurés fidèles, ils seront exfiltrés vers un exil qui durera plusieurs années. Le prix payé par les miens pour ma survie et mes choix, aussi contraints qu'ils fussent, est immense. Je ne saurais en faire l'économie dans ce récit.

Le témoignage du général GUEU Michel met en lumière le parcours d’un officier qui, dès les premières heures de la rébellion, a assumé le commandement des forces loyalistes à l’ENSOA, organisant une résistance avec des moyens extrêmement limités. Arrêté et détenu par les rebelles, il s’est ensuite retrouvé dans une situation de choix contraint lors de la délégation à Lomé, influencé par des considérations de survie et le conseil maternel. Sa famille a par ailleurs payé un lourd tribut, contrainte à la clandestinité puis à l’exil. Officier républicain avant et après 2002, le général GUEU Michel n’a fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire, ni au niveau national ni devant la Cour pénale internationale.

Les critiques formulées par Franck Bi Ballo Zoro reposent principalement sur une logique d’association entre présence politique actuelle et responsabilités supposées du passé. Cette approche, caractéristique d’un activisme polémique plus que d’une analyse factuelle approfondie, soulève des questions méthodologiques importantes : culpabilité par association, absence d’éléments de preuve judiciaires et risque d’instrumentalisation émotionnelle. Elle peut contribuer à alimenter des tensions communautaires et interroge la bonne foi de l’auteur, qui semble privilégier la polémique politicienne à la recherche nuancée de la vérité historique.

En revanche, les propos de Me Blessy Chrisostome, prononcés sur le sol de Bouaké, s’inscrivent dans une logique de mémoire collective légitime. Ils rappellent la souffrance réelle des populations locales sans procéder à des désignations individuelles. Ils constituent un acte de rappel mémoriel dans le cadre des célébrations des 80 ans du PDCI-RDA, soulignant la nécessité d’un travail de vérité historique partagé.

Cette controverse illustre les difficultés persistantes de la Côte d’Ivoire à construire un récit national apaisé sur la crise de 2002, entre exigences de mémoire, principes de responsabilité individuelle et débats politiques contemporains. Elle rappelle que la complexité des trajectoires personnelles dans un conflit ne se réduit pas à des lectures binaires.

 Une correspondance particulière de

Ernest Peaucou