Portée par une dynamique de résultats internationaux, la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD) met en avant, en 2026, plusieurs chantiers destinés à renforcer la pratique de la discipline et son rayonnement à l’international. Mais à quelques mois de l’Assemblée générale élective, cette dynamique s’accompagne de tensions internes et de prises de position critiques.

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La feuille de route du ministère des Sports pour 2026, présentée le 23 février au Stade olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, fixe notamment comme ambition de faire du sport un instrument de création de richesse, de bien-être et de promotion de la Côte d’Ivoire. Cette orientation repose sur quatre axes : les infrastructures, la formation, la pratique sportive ainsi que la professionnalisation et la valorisation des métiers du sport.

La FITKD affirme inscrire son action dans cette vision.

16 médailles au premier semestre

Le 29 juillet, le président de la FITKD, Jean-Marc Yacé, a présenté au ministre des Sports, Adjé Silas Metch, le bilan du premier semestre 2026. En effet, les taekwondoïstes ivoiriens ont remporté 16 médailles, dont trois en or, trois en argent et treize en bronze. Parmi les athlètes mis en avant figure Nabintou Koné, qui a décroché trois médailles, dont une en or et deux en bronze, lors de compétitions internationales.

La Fédération a également sollicité un accompagnement accru de l’État en perspective des prochains Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar. Le ministre Adjé Silas Metch a salué les performances réalisées et assuré la FITKD de l’engagement de son département et de l’État à accompagner les athlètes dans la préparation des prochaines échéances.

Le Kukkiwon en Côte d’Ivoire

Autre fait marquant : la venue, du 4 au 9 juillet, de responsables du Kukkiwon, présenté dans le document comme l’académie mondiale du taekwondo. La délégation comprenait notamment son président, le Grand Maître Yun Ung Suk, le secrétaire général Lee Song Hon et le Grand Maître Kim Young Tae, présenté comme l’un des pionniers de l’introduction du taekwondo en Côte d’Ivoire.

La mission a notamment permis la supervision d’une session de passage de grades internationaux. Selon la FITKD, cette certification offre aux pratiquants ivoiriens une reconnaissance internationale et ouvre davantage de possibilités en matière de formation, de stages et de compétitions.

Les responsables du Kukkiwon ont également été reçus par le vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, ainsi que par le ministre chargé des Sports et du Cadre de vie.

Pour la Fédération, cette visite constitue un signal de reconnaissance de la place croissante du taekwondo ivoirien.

Structuration et développement de la pratique

Depuis quatre ans, la FITKD met également en avant la relance du Championnat national, devenu, selon elle, une voie d’accès aux équipes nationales dans les différentes catégories. La Fédération insiste aussi sur le développement du taekwondo féminin, avec notamment l’Open féminin de l’Indépendance et les Journées de la Femme. Elle affirme par ailleurs avoir engagé des démarches pour améliorer les conditions de travail des maîtres de salle, notamment à travers la négociation d’un produit d’assurance dédié. Des compétitions destinées aux jeunes enfants ont également été initiées afin de détecter les talents dès le plus jeune âge et d’assurer leur suivi.

Cette dynamique sportive ne masque toutefois pas les tensions qui traversent la discipline. Dans une prise de position, le Grand Maître Benjamin John, 9e dan Kukkiwon, a appelé les pratiquants et responsables à privilégier le dialogue avec la Fédération avant de saisir les autorités, les organisations internationales ou les médias en cas de désaccord. Le président de la FITKD, Jean-Marc Yacé, a lui aussi haussé le ton lors d’un Comité directeur tenu à quelques mois de l’Assemblée générale élective. Il a dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de déstabilisation de la Fédération et appelé les présidents de Ligues et les maîtres de salle à la vigilance.

Le Comité directeur a par ailleurs examiné le bilan moral et financier de l’exercice 2025, présenté par le secrétaire général par intérim et le trésorier général.

Selon le document, ce bilan a été approuvé par les membres présents.

À l’approche de l’Assemblée générale élective de 2026, la FITKD entend donc conjuguer résultats sportifs, structuration de la discipline et préparation de son prochain rendez-vous institutionnel.

Reste désormais à savoir si cette dynamique pourra se poursuivre dans un climat suffisamment apaisé pour permettre au taekwondo ivoirien de consolider ses ambitions nationales et internationales.

Source : akwabanews.ci

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