Après la passation de charges du 4 août 2026 au siège du PDCI-RDA, l’ancien secrétaire exécutif chargé des Élections, de l’État civil et des Listes électorales, Jean-Michel Amankou, revient sur son départ, la participation du parti aux cérémonies d’indépendance, les rumeurs d’un éventuel retour au RHDP et lance un vibrant appel au rassemblement autour de Tidjane Thiam. Entretien.

À LIRE ÉGALEMENT : PDCI-RDA : Doho Simon, une année de collaboration... et dépositaire des confidences de Bédié ?

Après la passation de charges intervenue le 4 août 2026 au siège du PDCI-RDA, entre vous, Jean-Michel Amankou, ancien secrétaire exécutif chargé des Élections, de l’État civil et des Listes électorales, et votre successeur, le député-maire Kouadio Roland, quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Je vais bien. Mon état d’esprit aujourd’hui est serein, mais surtout résolument tourné vers l’avenir et vers mon engagement pour le rayonnement du PDCI-RDA.

Le PDCI-RDA est un grand parti, une grande école politique et une grande famille. Il regorge de compétences, de talents et d’hommes et de femmes capables de servir ses idéaux et de porter ses ambitions. J’ai eu le privilège d’y militer depuis mon jeune âge, d’y faire mes classes et d’y exercer plusieurs responsabilités. J’ai toujours considéré ces responsabilités comme des missions au service du Parti, et non comme des propriétés personnelles.

La passation de charges du 4 août dernier s’inscrit donc, à mes yeux, dans cette logique de continuité. Une responsabilité commence, une autre s’achève, mais l’engagement militant demeure.

Comme je l’ai indiqué lors de la cérémonie, je souhaite de tout cœur plein succès à mon successeur, le député-maire Kouadio Roland. Je lui souhaite beaucoup de courage, de réussite et surtout de succès dans la mission qui lui est confiée.

Maître Blessy a tracé les sillons. J’ai, à mon humble niveau, apporté ma contribution pour poursuivre cette œuvre. Aujourd’hui, c’est au tour de mon successeur de continuer à labourer et, je l’espère, de faire encore mieux.

Car au PDCI-RDA, ce qui doit nous rassembler dépasse nos personnes et les responsabilités que nous pouvons occuper. C’est notre attachement au Parti, à ses valeurs, à son histoire et à son avenir.

Je reste donc un militant pleinement engagé, disponible et déterminé à continuer à apporter ma contribution, sous quelque forme que ce soit, à la marche et au rayonnement de notre Parti.

La responsabilité passe, le militantisme demeure. Et pour moi, l’essentiel est là.

À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, ce 7 août 2026, le PDCI-RDA a dépêché une délégation à la cérémonie officielle. Comment appréciez-vous la participation de votre parti à cet événement national ?

Je l’apprécie à sa juste valeur. Nous sommes dans une République et, en tant que parti politique républicain, nous nous devons de répondre présents aux grandes célébrations de la Nation.

Comme l’a si bien indiqué le Président Tidjane Thiam dans son adresse, notre présence à cette cérémonie constitue avant tout un acte républicain. C’est dans cet esprit qu’il a instruit nos responsables politiques locaux de Yopougon à répondre présents à l’appel du député-maire de Yopougon, également Président du comité d’organisation de ces festivités.

Cela me paraît tout à fait logique. Au-delà de nos divergences politiques, il existe des moments où nous devons savoir nous retrouver autour de l’essentiel : la Côte d’Ivoire, notre Nation, ses institutions et les valeurs républicaines.

La célébration de notre indépendance appartient à tous les Ivoiriens. Notre présence témoigne donc de notre attachement à la République et de notre volonté de contribuer, chacun à son niveau, à la consolidation de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Selon certaines indiscrétions, des cadres de votre formation politique œuvreraient en faveur d’un retour du PDCI-RDA au RHDP. Quelle analyse faites-vous de ces informations ?

Écoutez, en politique, les alliances peuvent toujours faire l’objet de débats. Chaque militant est libre d’avoir une opinion et de défendre sa vision. Mais lorsqu’il s’agit d’une question qui engage l’avenir et l’identité du PDCI-RDA, elle ne peut pas se décider dans les couloirs, dans les confidences ou par indiscrétions.

Le PDCI-RDA est un grand parti, avec une histoire, des valeurs et des instances. Les grandes décisions doivent donc être discutées dans les cadres prévus à cet effet, dans la transparence, la responsabilité et le respect de la démocratie interne.

Pour ma part, je ne me prononcerai pas sur la base de rumeurs. Mais le jour où le Bureau politique décidera d’inscrire cette question à son ordre du jour, je prendrai toute ma responsabilité et je donnerai ma position, sans ambiguïté, avec pugnacité et avec vérité.

Je crois d’ailleurs que c’est cela, être militant : avoir le courage de défendre ses convictions lorsqu’elles sont sollicitées, mais aussi avoir la sagesse de ne pas alimenter des débats sur la base de simples indiscrétions.

Pour l’heure, il n’y a rien d’officiel. Nous entendons des rumeurs. Et moi, je préfère les faits aux rumeurs, les débats de fond aux conciliabules et les décisions collectives aux initiatives individuelles.

Si cette hypothèse d’un retour du PDCI-RDA au RHDP venait à se confirmer, quelle serait votre position ?

Je suis favorable au débat. Je suis favorable aux alliances lorsqu’elles servent les intérêts du PDCI-RDA et de la Côte d’Ivoire. Mais une alliance ne doit jamais devenir une absorption, ni conduire notre parti à renoncer à son identité, à son autonomie et à son ambition historique.

Pour l’heure, ma conviction demeure intacte : le meilleur allié du PDCI-RDA, c’est le PDCI-RDA lui-même.

Et je le dis clairement : avant de chercher des alliés à l’extérieur, nous devons d’abord être capables de nous rassembler à l’intérieur. Un PDCI-RDA uni, fort et maître de son destin n’a pas à avoir peur de son avenir.

Votre mot sur le meeting de Daloa lors des festivités marquant les 80 ans du PDCI-RDA ?

Je voudrais féliciter les organisateurs et particulièrement le président du comité d’organisation pour cette forte mobilisation. La preuve que le PDCI est là et capable de relever les défis futurs avec davantage de sérénité.

Certains cadres et militants du PDCI-RDA restent divisés sur la ligne à suivre et sur les rapports entre certaines figures historiques du parti. Quel appel lancez-vous aujourd’hui à la direction et aux militants ?

Je voudrais simplement demander à chacun de nous de revenir à l’essentiel.

Notre objectif : la reconquête du pouvoir d’État.

Dès lors, pourquoi continuer à nous épuiser dans des querelles de personnes, des procès d’intention ou des débats qui, au fond, ne font que fragiliser notre maison commune ?

Soyons lucides et honnêtes avec nous-mêmes : Tidjane Thiam est aujourd’hui une valeur sûre et un atout majeur dont le PDCI-RDA ne peut se priver dans sa marche vers la reconquête du pouvoir.

Si nous avons en lui un leader qui dispose du profil, de l’expérience et de la stature nécessaires pour porter notre ambition, alors rassemblons-nous autour de lui !

L’heure n’est plus aux divisions. L’heure est au rassemblement.

J’en appelle donc à tous les cadres, à toutes les générations et à toutes les sensibilités de notre parti. Nous devons être capables de dépasser nos ego, nos frustrations et nos blessures personnelles pour faire prévaloir l’intérêt supérieur du PDCI-RDA.

À notre aîné, le Professeur Maurice Kakou Guikahué, je voudrais adresser un appel particulièrement fraternel : s’il y a eu des offenses ou des incompréhensions, il faut savoir les dépasser. Nous avons besoin aujourd’hui d’une véritable paix des braves autour de Tidjane Thiam.

Ce geste ne serait ni une faiblesse ni un reniement. Ce serait, au contraire, un acte de grandeur et de responsabilité politique.

Et cet appel vaut pour tout le monde. À tous ceux qui se sont sentis blessés, vexés ou incompris, je demande de faire le choix du pardon.

Nous avons besoin de tout le monde.

Nous avons besoin de l’expérience des anciens, de l’énergie des jeunes, de l’intelligence de nos cadres et de l’engagement de l’ensemble de nos militants.

Notre adversaire politique, lui, ne nous attendra pas.

Alors, cessons de nous battre entre nous et préparons-nous à mener le véritable combat.

Le PDCI-RDA est plus grand que nos personnes. Notre ambition nationale est plus grande que nos querelles.

Aujourd’hui, il faut tourner la page des incompréhensions et ouvrir un nouveau champ de solidarité, de fraternité et de responsabilité autour de Tidjane Thiam.

Nous pouvons avoir des désaccords. Nous pouvons avoir des blessures. Mais nous devons avoir une seule ambition : faire gagner le PDCI-RDA.

C’est cela, pour moi, l’essentiel.

Entretien réalisé par CKL

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus