Invitée d'honneur de la deuxième rentrée solennelle marquant l'ouverture de la deuxième session ordinaire du Sénat de Côte d'Ivoire au titre de l'année 2026, la Présidente du Sénat du Gabon, Huguette Yvonne Nyana Ekoumé-Awori Onanga, a livré, lundi 12 octobre à Yamoussoukro, un plaidoyer en faveur d'une coopération interparlementaire plus dynamique entre les États africains.

À LIRE ÉGALEMENT : Côte d’Ivoire : Sébastien DANO DJEDJÉ inculpé pour 17 chefs d'accusation

S'exprimant dans l'amphithéâtre de 400 places de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, la cheffe de la Chambre haute gabonaise a salué l'excellence des relations historiques entre le Gabon et la Côte d'Ivoire. Des liens qui, a-t-elle rappelé, trouvent leurs racines dans la vision des pères fondateurs, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, Léon MBA et Omar Bongo ONDIMBA, et qui se poursuivent aujourd'hui sous les présidences d'Alassane Ouattara et de Brice Clotaire Oligui Nguema.

Rendant hommage à la qualité de la diplomatie parlementaire entre les deux pays, elle a notamment salué le leadership de la Présidente du Sénat ivoirien avant d'appeler à une coopération plus étroite entre les institutions parlementaires africaines.

« Face aux défis contemporains, il nous appartient d'asseoir et de densifier la coopération interparlementaire. Nos institutions parlementaires, en tant que Chambres hautes, ont une énorme responsabilité. Nous sommes les représentants et les garants d'un développement harmonieux des territoires, les gardiens des équilibres institutionnels et les sentinelles d'une démocratie qui ne se mesure pas aux seules échéances électorales, mais à la qualité de la représentation qu'elle offre à chaque région, à chaque terroir, à chaque citoyen », a-t-elle déclaré.

Pour la responsable gabonaise, l'heure est à la mutualisation des intelligences et des énergies africaines afin de relever ensemble les défis du développement « Au moment où nos territoires et nos régions placent en nos institutions l'espoir d'un avenir meilleur, mutualiser nos expériences en matière de développement local et de décentralisation n'est plus une simple option, mais une nécessité », a-t-elle soutenu.

Selon elle, la Côte d'Ivoire, grâce à son réseau de districts autonomes et de conseils régionaux, a développé au fil des années une ingénierie territoriale dont le Gabon pourrait s'inspirer. À l'inverse, l'expérience gabonaise de la provincialisation de certains grands rendez-vous nationaux pourrait également alimenter la réflexion ivoirienne.

« Il nous faut valoriser nos complémentarités et faire de nos expériences respectives une source d'inspiration et de progrès mutuel, loin de toute logique de juxtaposition protocolaire », a-t-elle insisté.

Poursuivant son adresse, la Présidente du Sénat du Gabon a plaidé pour un approfondissement de la coopération bilatérale au-delà du seul cadre parlementaire « Cette ambition de coopération renforcée ne saurait se cantonner aux seules enceintes parlementaires. Elle doit irriguer nos échanges économiques, car le Gabon, riche de ses ressources forestières et minières, et la Côte d'Ivoire, locomotive agro-industrielle et portuaire de la sous-région, ont tout à gagner d'une complémentarité assumée entre leurs économies », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis l'accent sur la jeunesse, appelant au développement des échanges universitaires, culturels et sportifs afin que l'amitié forgée par les pères fondateurs se perpétue naturellement entre les générations futures « Plus que jamais, unissons nos forces pour accélérer l'intégration régionale et donner à notre coopération interparlementaire une impulsion nouvelle, plus dynamique, plus ambitieuse et résolument orientée vers l'action. Nos Parlements doivent être des forces de proposition, des espaces de dialogue et surtout des acteurs capables de faire émerger des réponses concrètes aux aspirations de nos peuples », a-t-elle ajouté, évoquant notamment les préoccupations de la jeunesse, des femmes et des territoires.

En conclusion, la Présidente de la Chambre haute gabonaise a souhaité que sa présence en Côte d'Ivoire marque le début d'une nouvelle étape dans les relations entre les deux institutions parlementaires, à travers des échanges plus réguliers entre commissions permanentes et administrations parlementaires « Puisse ma présence nous permettre de transformer nos complémentarités en opportunités, nos engagements en réalisations et nos ambitions en actions législatives fortes et audacieuses en faveur de nos populations. Car au fond, ce que nos deux institutions ont en partage dépasse la diplomatie : c'est une certaine idée de l'Afrique qui s'assume, qui dialogue entre ses nations et qui fait de la sagesse de ses anciens le terreau de l'audace de ses héritiers », a-t-elle conclu.

ANL

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus