Parce que la maladie d’Alzheimer modifie progressivement la manière dont le cerveau mémorise, comprend et organise les informations, il est essentiel de parler à la personne malade avec calme, respect et bienveillance. Même lorsque les mots deviennent difficiles, elle continue de ressentir le ton de la voix, les émotions et l’attitude de son interlocuteur. Il faut adapter sa communication.

Adapter sa communication ne consiste pas à « entrer dans son jeu ». Il s’agit de compenser les difficultés provoquées par la maladie afin de diminuer la peur, prévenir les conflits et préserver le lien.
La logique ne disparaît pas nécessairement chez une personne atteinte d’Alzheimer. Mais la maladie altère progressivement les fonctions cérébrales dont elle a besoin pour raisonner : mémoire récente, attention, compréhension, organisation de la pensée et capacité à changer de point de vue.
Pour suivre un raisonnement, le cerveau doit pouvoir :
Comprendre les informations ;
les garder quelques instants en mémoire ;
les comparer entre elles ;
établir un lien de cause à effet ;
accepter une conclusion différente de sa perception initiale.
La maladie peut interrompre cette chaîne. Une explication pourtant parfaitement logique devient alors difficile à suivre ou rapidement oubliée.
Les attitudes à privilégier
Placez-vous face à elle, à sa hauteur, et appelez-la par son prénom.
Réduisez les distractions : télévision, bruit, conversations simultanées.
Parlez lentement, d’une voix douce, sans parler plus fort inutilement.
Utilisez des phrases courtes et transmettez une seule information à la fois.
Posez une seule question à la fois, avec deux choix simples :
« Préfères-tu du thé ou de l’eau ? »Laissez-lui suffisamment de temps pour comprendre et répondre.
Si elle ne comprend pas, reformulez avec des mots différents et accompagnez vos paroles d’un geste.
Écoutez aussi son regard, ses expressions et son comportement : ils peuvent révéler une peur, une douleur ou un besoin.
Valorisez ce qu’elle peut encore faire et associez-la aux décisions qui la concernent.
Ce qu’il faut éviter
Évitez les phrases comme :
« Je te l’ai déjà dit ! »
« Tu ne te souviens vraiment pas ? »
« Mais ce n’est pas vrai ! »
« Tu fais exprès ! »
« Réfléchis un peu ! »
« Tu sais qui je suis ? »
Ces remarques peuvent provoquer de la honte, de l’anxiété ou de l’agitation.
Ne cherchez pas systématiquement à corriger la personne ou à lui prouver qu’elle se trompe.Le but n’est pas toujours de rétablir les faits, mais de préserver la sécurité, l’apaisement, la dignité et le lien.
Cela ne signifie pas non plus qu’il faut toujours approuver une affirmation inexacte. Il s’agit d’éviter une confrontation inutile, de rassurer la personne, puis de la réorienter doucement lorsque cela est possible.
Le stress complique encore le raisonnement : plus la personne se sent corrigée, pressée ou menacée, moins elle parvient à comprendre. Il faut donc chercher à rejoindre son émotion avant de vouloir corriger sa perception.
Comment répondre lorsqu’elle est confuse ?
Cherchez d’abord l’émotion cachée derrière ses paroles.
Si elle dit : « Je veux rentrer chez moi », alors qu’elle est chez elle, évitez :
« Mais tu es déjà chez toi ! »
Préférez :
« Tu voudrais te sentir chez toi. Qu’est-ce qui te manque ? »
Puis rassurez-la ou proposez une activité familière.
Lorsqu’elle répète une question, répondez patiemment : pour elle, il peut s’agir de la première fois. La personne ne choisit ni d’oublier ni de répéter ses questions.
Un repère écrit, une horloge ou un calendrier peut également l’aider.
Lorsque les mots ne suffisent plus, un sourire, une photographie, une musique familière ou un contact physique accepté peuvent maintenir la communication. Ces principes sont recommandés.
À retenir :
Parler lentement et simplement : le cerveau a besoin de davantage de temps pour traiter les mots.
Donner une seule information à la fois : plusieurs consignes peuvent créer de la confusion.
Poser des questions simples : retrouver un mot ou construire une réponse peut devenir difficile.
Éviter “Je te l’ai déjà dit” : la personne peut ne pas avoir enregistré la réponse précédente. La réprimander provoque de la honte sans améliorer sa mémoire.
Ne pas argumenter systématiquement : même lorsque le souvenir est inexact, l’émotion ressentie est réelle. Uneconfrontationpeutaugmenterl’anxiétéoul’agitation.
Se placer face à elle : le regard, les gestes et les expressions facilitent la compréhension lorsque les mots deviennent moins accessibles.
Maintenir un ton calme : la personne peut oublier les paroles, mais rester très sensible à la voix, au visage et au climat émotionnel.
Laisser le temps de répondre : l’interrompre peut lui faire perdre le fil de sa pensée.
Ne pas parler comme à un enfant : les difficultés cognitives ne retirent ni l’identité, ni l’expérience, ni la dignité de l’adulte.
Lorsque la mémoire s’affaiblit, la façon dont nous parlons devient elle-même une forme de soin.
14 Facteurs de risque de la démence :
#1 l’inactivité physique
#2 le tabagisme
#3 la consommation excessive d’alcool
#4 la pollution atmosphérique
#5 les lésions cérébrales
#6 la faible interaction sociale
#7 le faible niveau d’éducation
#8 l’obésité
#9 l’hypertension
L’hypertension artérielle exerce, pendant des années, une pression excessive sur les vaisseaux sanguins. Or, le cerveau dépend d’un réseau de vaisseaux très fins pour recevoir continuellement de l’oxygène et des nutriments.
À long terme, une hypertension mal contrôlée peut :
rigidifier, rétrécir et fragiliser les petites artères cérébrales ;
provoquer de petites lésions parfois silencieuses, des microhémorragies ou des AVC ;
endommager la substance blanche, qui permet aux différentes régions du cerveau de communiquer ;
perturber la circulation sanguine et les mécanismes d’élimination de certains déchets cérébraux ;
réduire progressivement les capacités de mémoire, d’attention et de raisonnement.
Elle est directement liée au risque de démence vasculaire. Elle peut également favoriser ou aggraver les lésions cérébrales qui s’ajoutent à celles de la maladie d’Alzheimer : chez une même personne, les atteintes vasculaires et neurodégénératives coexistent souvent.
Le risque est particulièrement important lorsque l’hypertension apparaît au milieu de la vie et reste longtemps non diagnostiquée ou insuffisamment contrôlée. Cela ne signifie pas qu’une personne hypertendue développera nécessairement une démence : l’hypertension est un facteur de risque modifiable, et non une cause automatique.
Appel à l’action:
Faire contrôler régulièrement sa tension, car l’hypertension est souvent silencieuse.
Suivre correctement le traitement prescrit, sans l’arrêter de sa propre initiative.
Réduire le sel, rester physiquement actif, éviter le tabac et limiter l’alcool.
Contrôler également le diabète, le cholestérol et le poids avec un professionnel de santé.
Protéger ses artères, c’est aussi protéger son cerveau.
Demain nous aborderons la question : Que faire lorsqu’une personne répète la même question ? Nous présenterons aussi le dixième facteur de risque : #10 lediabète.
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