« Les Rendez-vous de l’Aapress », activité phare de l’Association des agents de presse de Yamoussoukro (Aapress), a repris de plus belle le vendredi 26 juin 2026 dernier. A la salle de réunion de la Préfecture de Région, les professionnels des médias de la capitale ivoirienne recevaient en invité le Sous-préfet de Yamoussoukro, Yéo Dohogninnina, qui a exposé sur le thème « Rôle d’un Sous-préfet dans le développement d’une localité : cas de Yamoussoukro ».


Au cours de ce périple qui a duré un peu plus de 2heures d’horloge, étaient présents les chefs traditionnels, les Directeurs régionaux, les autorités policières et de la gendarmerie. Les défis liés aux déclarations des faits d’état civil et les solutions mises en œuvre, ont constitué un pan important de sa communication. Il a insisté sur l’importance de l’identification juridique des citoyens pour une planification efficace du développement.
« Ici à Yamoussoukro, les faits d’état civil non déclarés ou tardivement déclarés constituent un frein invisible au développement de notre ville », a lancé le Sous-préfet Yéo Dohogninnina en ouverture de son intervention. Selon les statistiques, près de 40 % des naissances en zone rurale sont déclarées hors délai, privant des milliers de citoyens d’une existence juridique.
Pour y remédier, l’opération « La Sous-préfecture chez vous » a permis d’enregistrer 5 899 personnes pour la première fois à l’état civil, dont 1 290 élèves et 3 415 majeurs. Une avancée majeure rendue possible par la loi spéciale n°2018-863, qui autorise les déclarations tardives et le rétablissement d’identité. « Aujourd’hui tous ceux qui ont été enregistrés au cours de cette tournée ont reçu leur extrait de naissance. Au cours d’une enquête menée par le Drena, un peu plus de 12000 enfants sont sans extrait de naissance dans la région du Bélier et dans le District autonome de Yamoussoukro. Au niveau de la Sous-préfecture ce sont seulement 63 cas qui ont été enregistrés et nous allons dès la rentrée scolaire retrouver ces enfants et établir leur extrait de naissance », a-t-il promis.

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LES CAUSES DES RETARDS OU DE LA NON DECLARATION DES NAISSANCES
Répondant aux questions des journalistes et du public, le Sous-préfet a détaillé les raisons de ces défaillances qui sont dus « Facteurs culturels : l’attente du grand-père pour donner le nom, ou la croyance que la déclaration n’est utile qu’à l’école. Négligence et ignorance : beaucoup ignorent le délai légal de trois mois. Naissances à domicile : la peur d’approcher les centres de santé lorsqu’un enfant naît chez une matrone. Faux frais : la croyance erronée que la déclaration est payante… », a-t-il relevé entre autres avant de s’appesantir sur les pistes de solutions pour éradiquer sinon réduire de façon drastique ce phénomène
Le Sous-préfet a présenté des stratégies innovantes « Grâce à un dispositif mis en place avec l’ONECI, chaque maternité et centre de santé est équipé de Smartphone. Les sage-femmes saisissent le nom du père et un prénom provisoire, créant un pré-enregistrement qui évite tout dépassement du délai légal. Les données sont ensuite transférées automatiquement vers une base centrale. Chaque enfant reçoit un numéro unique d’identification dès sa déclaration. Ce système empêche les doublons et les fraudes, garantissant que nul ne puisse exister sans acte officiel. « Avec ce numéro, l’enfant est juridiquement reconnu et ne peut plus être oublié », a souligné le Sous-préfet.


VERS UNE BASE NUMERIQUE SECURISEE
Les registres physiques restent conservés, mais ils sont désormais doublés par une archive digitale au niveau de la Sous-préfecture selon le Sous-préfet Yéo Dohogninnina. Cette hybridation permet de sécuriser les données et de faciliter leur consultation. À terme, la délivrance des actes pourrait elle aussi être dématérialisée, ouvrant la voie à un état civil en ligne. « Cette révolution numérique n’est pas qu’une modernisation administrative. Elle constitue un levier de développement à savoir une Planification fiable avec des chiffres exacts pour construire écoles et centres de santé adaptés. La réduction des fraudes avec un système sécurisé qui protège l’identité des citoyens. L’inclusion sociale car des personnes âgées ou longtemps oubliées peuvent désormais être reconnues. » « Personne ne doit rester à Yamoussoukro sans être identifié… », a martelé Yéo Dohogninnina, soulignant que l’état civil est un défi pour le développement et un outil de justice sociale.
Cette rencontre a mis en lumière la passion du Sous-préfet pour l’état civil, qu’il considère comme une mission citoyenne. En donnant une identité juridique à chaque habitant, Yamoussoukro se dote des moyens de bâtir une ville inclusive et durable.
Ange Nicaelle LYRANE