Petrouce Pierre Nicaise GNAGNE, membre du Bureau Politique du PDCI-RDA, ancien délégué du parti à Dabou, n’a pas aimé la sortie de Me Blessy Jean-Chrysostome, responsable juridique et Haut représentant de Tidjane Thiam dans le district de la Vallée du Bandaman, qui disait : « Nous entendons dire qu’il y aurait des discussions entre l’équipe de Jean-Louis Billon et la direction du PDCI-RDA. À ce jour, il n’y a eu aucun contact. Même le Président Thiam ne peut pas oser. Il ne faut pas que ces gens rêvent. » M. Gnagne, Analyste politique, Chroniqueur, Éditorialiste, Consultant en Stratégie Électorale et Gouvernance, répond donc à Me Blessy, dans le premier volet de sa contribution publiée par le confrère ledebativoirien.net.

«Peut-on empêcher des militants du PDCI-RDA de voter pour Jean-Louis Billon ? Absolument pas. Le débat est lancé, et il est légitime : le PDCI RDA peut-il empêcher ses militants de voter pour Jean-Louis Billon, candidat indépendant issu de ses propres rangs ? Ma réponse est claire : non, il ne le peut pas. Et il ne le doit pas. Jean-Louis Billon n’est pas un dissident de circonstance ni un opportuniste politique.
Il est un cadre historique du PDCI-RDA, un homme qui a bâti sa carrière au sein du parti, qui a porté ses couleurs dans les moments difficiles et qui reste, à ce jour, le seul élu de l’opposition dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Ce fait seul devrait suffire à lui garantir respect et reconnaissance.
Empêcher les militants de voter pour lui reviendrait à nier leur liberté de conscience, leur attachement à un homme qui, malgré les turbulences internes, n’a jamais renié son identité politique. Et dans un parti dans lequel les exclusions ont remplacé le dialogue, où les ambitions personnelles ont pris le pas sur la vision collective, il est naturel que certains militants se tournent vers une figure qu’ils considèrent comme fidèle, crédible et enracinée.

Le juste problème, c’est le PDCI RDA qui peine à rassembler ses talents. Pourquoi un homme comme lui, au lieu d’être porté par son parti, se retrouve contraint de se présenter en indépendant ? Pourquoi le parti exclut au lieu d’intégrer ? Pourquoi la parole militante est-elle étouffée au lieu d’être écoutée ?
Le PDCI-RDA ne peut espérer reconquérir la Côte d’Ivoire en excluant ceux qui l’ont défendu dans les zones les plus hostiles. Il ne peut prétendre à l’unité nationale en cultivant la division interne. Et il ne peut empêcher les militants de voter avec leur cœur, leur mémoire et leur bon sens. Jean Louis Billon est un fils de la maison. Et aucune stratégie politique ne pourra effacer cette vérité.
Jean-Louis Billon n’est pas un corps étranger au parti. Il est l’un des visages les plus visibles et les plus constants du PDCI-RDA, un homme qui a traversé les épreuves sans renier son engagement. Ministre, député, stratège, il a incarné le parti dans des zones où l’opposition peine à exister : notamment dans le Nord, où il reste le seul élu de l’opposition. Ce n’est pas un détail, c’est un symbole.
Face à une direction du parti qui peine à rassembler, qui exclut au lieu d’unir et qui confond autorité avec autoritarisme, les militants se réapproprient leur liberté de choix. Et ce choix peut très bien se porter sur un homme comme Billon, qui incarne une fidélité politique, une proximité territoriale et une vision alternative.
Jean-Louis Billon : un choix politique, pas une trahison Thiam et ses caciques autoritaires n’ont même pas été capables d’organiser une élection primaire transparente entre lui et Jean-Louis Billon. Et pourtant, on voudrait que Billon se condamne à ne pas se présenter à la présidentielle, simplement parce que Thiam n’a pas su se décider à temps ?

Quelle absurdité politique. Faut-il rappeler aux nouveaux hommes forts du PDCI-RDA que nous sommes au XXIe siècle ? À l’ère du numérique, de l’information instantanée, de la transparence exigée par les citoyens ? Ce n’est plus le temps des conciliabules en coulisses, des décisions imposées sans débat, ni des exclusions silencieuses.
Aujourd’hui, tout se sait, tout se partage. Facebook, Messenger, WhatsApp, TikTok, X (Twitter)… les militants parlent, s’organisent, dénoncent. Le peuple observe. Et l’histoire s’écrit en direct. Vouloir étouffer une candidature légitime comme celle de Jean Louis Billon, sans débat, sans primaire, sans respect des règles démocratiques internes, c’est prendre le risque de se retrouver du mauvais côté de l’histoire.
Le PDCI-RDA ne peut se permettre une telle erreur. Car dans ce siècle, ce sont les idées, la transparence et le courage politique qui triomphent, pas les manœuvres d’appareil..."
GRO
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