Si je prends encore la plume, c'est en tant que citoyen profondément attaché à la vérité et à la justice. L’affaire qui secoue notre commune de Koumassi, ce quartier Houphouët-Boigny que l’on appelle « Campement », mérite qu’on l’éclaire d’un jour nouveau.
Une réalité que j’ai voulu comprendre, se trouve derrière les démolitions, les récupérations politiques et la cavale d’un homme.



Le 3 juin 2026, les engins sont entrés dans le quartier. J’ai vu, comme vous, ces images de familles désemparées. Et j’ai entendu, comme vous, la voix de M. Alloui Brou Jacques, ancien élu municipal, se revendiquant maître des lieux, propriétaire de 34 hectares, agissant au nom d’une décision de justice. Je dois vous avouer que, dans un premier temps, j’ai été troublé. Puis j’ai creusé, j’ai posé des questions, j’ai recoupé des informations.
Voici ma vérité, aussi nue que possible.
L’opération de déguerpissement à Koumassi Campement ma été conduite par le District autonome d’Abidjan, dans le cadre de sa mission de réaménagement urbain et de salubrité du littoral lagunaire. Une mission nécessaire, vous en conviendrez, pour rendre notre ville plus vivable. Cette opération s’inscrivait dans la continuité de celles menées à Gobelet, à Zimbabwe. Elle avait un périmètre précis, une logique d’intérêt général.
Mais voilà : sur le terrain, un dépassement ponctuel, une confusion Et c’est là que M. Alloui Brou Jacques a vu une opportunité. Il a profité du flou, du silence stratégique du District, pour installer son propre récit. Il a brandi ses 34 hectares, son jugement, sa légitimité. Il a semé la confusion dans les esprits et l’indignation dans les cœurs. Les investigations du parquet ont parlé : la décision de justice qu’il invoquait ne couvrait que 3 000 mètres carrés, et encore, sans lien avec les démolitions. Le procureur a ordonné sa recherche. Depuis le 10 juin 2026, il est introuvable.
Alors, une question m’a taraudé : pourquoi M. Alloui Brou Jacques, qui sait mieux que quiconque les limites de ses droits, a-t-il tenté de se servir d’une opération du District pour s’approprier un espace qu’il convoitait depuis des années, en dépit des tensions anciennes avec le ministre-gouverneur Ibrahima Cissé Bacongo ? Je ne peux m’empêcher de penser qu’il a joué un jeu dangereux, celui de la récupération politique et foncière. Il a cru que le silence du District serait une aubaine. Il a parié sur l’émotion populaire pour faire avaler sa pilule. Mais la vérité finit toujours par rattraper ceux qui la travestissent.
Je veux être clair : je ne défends pas le District à tout prix. Je sais que l’administration peut se tromper , que les opérations de terrain sont complexes, et que les erreurs méritent d'être corrigées. Ce que je fais, c'est de refuser que l’on instrumentalise une action publique pour des intérêts personnels. Et je refuse que l’on jette l’opprobre sur une institution qui, malgré tout, travaille à l’ordre urbain, dans un pays où le foncier et le désordre urbain sont un champ de bataille permanent. Alors casser du Bacongo et briser du Bacongo, pour continuer impunément dans le désordre urbain, devient un vrai plan A.
Cette affaire m’interpelle plus largement. Elle révèle les fragilités de notre gestion foncière, les zones d’ombre où des hommes habiles peuvent s’engouffrer. Elle nous rappelle que chaque opération de restauration de l’ordre urbain est une épreuve, une tentative de récupération. Et elle montre, surtout, que le District autonome d’Abidjan, aussi puissant soit-il, n’est pas un État dans l’État. Il est une entité au service de l’État, sous la tutelle du Premier ministre, chef du gouvernement, et sous la vision éclairée du chef de l’État, Son Excellence Alassane Ouattara.
Je connais un peu le ministre-gouverneur Ibrahima Cissé Bacongo. Je sais sa loyauté, sa gratitude infinie envers le Président de la République. Il n’est que ce qu’il est : un ministre, gouverneur, un secrétaire exécutif du RHDP. Rien de plus. Et ce qu’il fait, il le fait dans le cadre strict de ses missions. Que l’on ne cherche pas à lui prêter des pouvoirs qu’il n’a pas, qu'il ne cherche pas, lui qui sait ce qu'il doit à Son Excellence Monsieur le Président de la République.
Alors, chers compatriotes, je vous livre ma vérité, celle que j’ai patiemment construite, loin des rumeurs et des simplismes. Je souhaite que cette affaire soit une leçon pour nous tous : dans la gestion de notre cité, la transparence doit prévaloir, les silences doivent être levés, et les usurpateurs doivent être démasqués. Je souhaite aussi que les actions du District soient désormais mieux régulées, mieux encadrées, pour qu’aucun citoyen ne puisse douter de leur légitimité, ni s'en accaparer comme Alloui Brou Jacques avait voulu le faire pour faire main basse sur 34 hectares. Le District n'a jamais agi à Port Bouet, Zimbabwe, Gobelet et autres pour s'octroyer des terrains et le foncier. Il a agi pour sauver la vie des populations et pour préserver le cadre urbain. Loin des calculs de Alloui Brou Jacques.
Au fond, ce que nous voulons tous, c’est une ville Abidjan plus juste, plus ordonnée, plus fraternelle. Et cela passe par la vérité, rien que la vérité. Dans l'action et non dans l'inaction. Pour terminer, je me permets de saluer l'intelligence politique du président de la République, sa gestion rigoureuse et sereine de la question. Je veux aussi saluer la rigueur et la vigilance de Monsieur le Premier Ministre, sans oublier oublier le Parquet. Pour le reste , le jeu politique et politicien peut se poursuivre.
Bien à vous,
Oupoh Laurent
2252025laurentoupoh@gmail.com





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