Au 80ème anniversaire du PDCI-RDA et au troisième anniversaire du décès du président Bédié, il nous a paru opportun de lever notre deuil et reprendre le service. Un état des lieux s’impose avant de nous prononcer sur ce virage très dangereux dans la marche du PDCI-RDA.

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En effet, depuis le décès de Henri Konan Bédié et l’élection de son actuel président M. Tidjane Thiam, le parti n’a cessé de parcourir les couloirs du palais de justice à Abidjan. Entre plaintes retirées, procès annulés ou en cours, on ne peut compter le nombre de fois que le parti a sillonné les arpentes du tribunal. Le risque, selon des dires pour emberlificoter les militants est la probable mise sous tutelle du parti. D’ores et déjà, il faut lever l’équivoque : la justice ivoirienne n’a aucune capacité de mettre un parti politique (une association privée) sous tutelle. Elle ne peut que la dissoudre ou la suspendre pour trouble à l’ordre public. Ce qui n’est pas le cas du PDCI-RDA.

Notre déception est profonde parce que les aînés à qui nous avons fait confiance pour une transition sereine et démocratique n’ont pas été à la hauteur de la mission qui était la leur. Elle est encore plus douloureuse d’autant plus que nous les avons surestimés et pensé qu’ils avaient du coffre et les capacités nécessaires pour un PDCI durable et fort. Non seulement ils se sont mués dans un silence coupable et sordide face à leurs responsabilités, mais aucun parmi eux ne veut s’engager pour corriger le tir. Nous sommes face à une véritable épidémie de couardise généralisée qui est en train de gangréner au sein du PDCI-RDA. Entre « légalité » et « légitimité », les militants sont ballotés ici et là par une bande d’incapables, qui ne pense qu’à ses intérêts personnels et égoïstes au détriment d’un parti qui a été bâti sur la souffrance et le sang de nos ancêtres.

Nous avons été abasourdis d’entendre des propos de toute sorte à couper le souffle venant des gens censés être équitables et justes. A titre d’exemple, depuis quand le fait de ne pas être à jour dans ses cotisations fait perdre la qualité de militant et de surcroît membre du bureau politique au PDCI-RDA ? Les militants sont traumatisés par cette escalade de tension face à laquelle personne ne veut prendre ses responsabilités pour y mettre fin. Une certitude demeure : tous les déboires du PDCI-RDA d’aujourd’hui sont causés par une génération de loosers à qui tout a été donné par le parti et qui est incapable de le lui rendre en retour. Nous assistons impuissants et les yeux larmoyant à un véritable jeu de voyousie à découvert en interne !

Dans nos déclarations avant, pendant et après le décès du président Bédié, nous avions suggéré trois choses : 1/rester fidèles à nos textes pour éviter que tout aille en vrille ; 2/gérer les situations de façon structurelle et non en problème de personnes ; 3/appliquer le dialogue permanent dans un respect mutuel des uns et des autres.

Au lieu de nous écouter et d’en faire bon usage, nous n’avons reçu que mépris et dédain. Pis, le nom de notre think-thank a été cloné et usurpé au vu et su de tous, avec la complicité de la direction du parti rien que pour nous museler et nous discréditer. Avec le temps, tout le monde a constaté que cette mascarade n’était qu’une chimère.

Depuis bientôt trois ans, ce n’est que des commérages, des injures, des ragots, des distilleurs de rumeurs nauséabondes les uns sur les autres à travers les réseaux sociaux, bien souvent par des ignares à la solde de conspirateurs comme si les militants n’avaient pas mieux à faire. C’est fatiguant à la fin ! Jusqu’à quand les militants du PDCI-RDA et la Côte d’Ivoire vont-ils subir ces égarements mesquins et machiavéliques ? C’est à croire qu’il n’y a pas d’adultes responsables de nos jours à la maison verte. C’est à croire aussi, que Feu Bédié n’était que l’arbre qui cachait la forêt au PDCI-RDA. Et c’est bien dommage !

Ceux qui ont porté plainte contre le parti ont mal fait, ceux qui ont « violé » ses textes aussi. Traîner le parti devant les tribunaux c’est mauvais ! Ne pas aussi respecter ses textes en vigueur c’est mauvais ! Ce n’est pas parce qu’un militant n’est pas d’accord avec le fonctionnement actuel du parti qu’il est forcément manipulé, sous influence ou tout simplement le vecteur de l’adversaire. Toute personne quel que soit son âge et sa fonction qui trahit les idéaux du PDCI-RDA joue le jeu de l’adversaire. Trahir les idéaux du parti, c’est le fragiliser et donc jouer le jeu de l’adversaire.

Le pays dont nous nous réclamons tous consacre la liberté d’expression, la vérité et la justice. On ne peut les réclamer à l’adversaire et l’interdire dans nos rangs. C’est abject ! Les tribunaux ivoiriens quoiqu’on en pense ont le devoir de défendre un Ivoirien qui se sent lésé. Il ne faut pas les glorifier d’équitabilité quand le verdict est en notre faveur et au même moment les taxer d’être à la solde de l’adversaire quand le verdict n’est pas en notre faveur ! Ce n’est pas parce que le PDCI est une association privée qu’il peut se soustraire de ses obligations juridiques.

Dans tout ce tohu-bohu il n’y a qu’une seule solution pérenne : reprendre l’intérim à la mort de Bédié et refaire les choses correctement, dans l’ordre et la clarté selon les statut et règlement en vigueur. Pour guérir un mal, on ne soigne pas que les symptômes, on s’attaque à sa racine. C’est un appel au sursaut que nous lançons à tous les militants fatigués de cette léthargie politique du parti afin de mettre fin à la souffrance des Ivoiriens. Nous en appelons à la responsabilité de tous ! Car le PDCI-RDA ne saurait être l’otage de quiconque ! Il mérite mieux !

Fait à Paris le 1er Août 2026

Pour Le cercle des loups

Aubin Félix AMANI

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