Contrairement à la maladie d’Alzheimer, les troubles de la mémoire ne sont pas toujours les premiers signes des maladies apparentées. Les symptômes initiaux dépendent des régions du cerveau touchées.

À LIRE ÉGALEMENT : Sortie de livres/Dédicace à Abidjan : Dr Tidiane Ouattara met en débat les ambitions spatiales de l’Afrique

1. Maladie à corps de Lewy

Les signes évocateurs sont :

  • des hallucinations visuelles répétées et très détaillées ;

  • de fortes fluctuations de l’attention : la personne paraît lucide, puis confuse ou somnolente quelques heures plus tard ;

  • des gestes ralentis, une raideur musculaire, des tremblements ou une marche à petits pas ;

  • des chutes répétées ;

  • un sommeil agité avec cris, coups ou mouvements correspondant aux rêves ;

  • des difficultés à évaluer les distances ou à reconnaître les objets.

La mémoire peut être relativement préservée au début. 

2. Démence vasculaire

Les premiers signes peuvent comprendre :

  • un ralentissement de la pensée ;

  • des difficultés à se concentrer, planifier ou résoudre un problème ;

  • une désorientation ou une confusion ;

  • des troubles de la marche, de l’équilibre ou des chutes ;

  • des changements d’humeur : irritabilité, apathie ou dépression ;

  • une aggravation parfois soudaine ou « par paliers », notamment après un accident vasculaire cérébral.

Les troubles de la mémoire peuvent être moins marqués qu’avec Alzheimer au début. 

3. Dégénérescence frontotemporale

Elle se manifeste souvent d’abord par un changement inhabituel de personnalité ou de comportement :

  • perte des inhibitions et comportements socialement inadaptés ;

  • impulsivité ou prises de décision inhabituelles ;

  • perte d’empathie ou indifférence envers les proches ;

  • apathie, perte de motivation ou négligence de l’hygiène ;

  • comportements répétitifs ou obsessionnels ;

  • modification des habitudes alimentaires, notamment une attirance nouvelle pour les aliments sucrés ;

  • perte de conscience de ses propres difficultés.

La mémoire peut rester relativement préservée au début. 

4. Aphasie primaire progressive

Le langage est principalement touché au commencement :

  • difficulté croissante à trouver ou à nommer les mots ;

  • parole lente, hésitante ou laborieuse ;

  • phrases mal construites ;

  • remplacement d’un mot par un autre ;

  • difficulté à comprendre certains mots ou une conversation ;

  • apparition de difficultés à lire ou à écrire.

La personne peut continuer à reconnaître ses proches et à accomplir de nombreuses activités pendant les premières années. 

5. Dégénérescence corticobasale

Les troubles commencent souvent d’un seul côté du corps :

  • raideur ou lenteur d’un bras ou d’une jambe ;

  • maladresse inhabituelle ;

  • difficulté à effectuer volontairement un geste pourtant connu ;

  • tremblements ou secousses musculaires ;

  • impression qu’une main agit indépendamment de la volonté ;

  • difficultés de langage, d’équilibre ou de déglutition.

6. Paralysie supranucléaire progressive

Les signes caractéristiques comprennent :

  • des chutes précoces, souvent vers l’arrière ;

  • une raideur du cou et du tronc ;

  • une difficulté à regarder vers le haut ou vers le bas ;

  • une marche instable et des mouvements ralentis ;

  • une expression du visage figée ;

  • une parole moins claire ou des difficultés à avaler ;

  • une impulsivité, une apathie ou un ralentissement de la pensée.

7. Démence associée à la maladie de Parkinson

Elle peut apparaître chez une personne vivant déjà avec la maladie de Parkinson :

  • ralentissement de la pensée ;

  • difficultés d’attention, de planification et d’organisation ;

  • troubles de la perception visuelle et spatiale ;

  • hallucinations ;

  • fluctuations de la vigilance ;

  • troubles de la mémoire, généralement plus tardifs.

De façon générale, il est recommandé de consulter lorsqu’un ou plusieurs de ces changements deviennent répétés, progressifs et inhabituels, ou commencent à perturber la vie quotidienne :

  • Oublier fréquemment des événements récents, des rendez-vous ou des informations importantes.

  • Poser plusieurs fois la même question ou répéter les mêmes propos.

  • Avoir du mal à trouver ses mots, à suivre une conversation ou à comprendre une explication.

  • Se perdre ou ne plus se repérer dans un lieu pourtant familier.

  • Confondre les dates, les jours ou les moments de la journée.

  • Éprouver des difficultés nouvelles à planifier, cuisiner, gérer ses médicaments, ses factures ou son argent.

  • Ranger des objets dans des endroits inhabituels sans pouvoir retracer ses gestes.

  • Montrer une baisse inhabituelle du jugement ou prendre des décisions incohérentes.

  • Se désintéresser progressivement de ses activités habituelles ou s’isoler.

  • Présenter des changements marqués d’humeur, de comportement ou de personnalité.

À retenir : Ce qui doit encourager à consulter n’est pas seulement la perte de mémoire, mais tout changement progressif, répété et inhabituel du langage, du comportement, du jugement, des mouvements, de l’attention ou de l’autonomie.Un signe isolé ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit de la maladie d’Alzheimer. Une consultation permet d’en rechercher la cause, car certains troubles peuvent être liés à la dépression, au sommeil, à un médicament, à une infection ou à une autre affection parfois traitable. Une évaluation médicale est donc indispensable.

14 Facteurs de risque de la démence :

#1 l’inactivité physique

#2 le tabagisme

#3 la consommation excessive d’alcool

#4 la pollution atmosphérique

Respirer durablement un air pollué favorise l’inflammation, endommage les vaisseaux et fragilise les cellules du cerveau, augmentant ainsi le risque de déclin cognitif et de démence.

La pollution atmosphérique augmente le risque de maladie d’Alzheimer parce que les particules fines, notamment les PM2,5, peuvent affecter durablement le cerveau.

Les PM2,5 sont des particules présentes dans l’air dont le diamètre est inférieur ou égal à 2,5 micromètres — environ 30 fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu humain. Elles sont invisibles à l’œil nu.

Elles proviennent notamment :

  • des gaz d’échappement ;

  • de la combustion du bois, du charbon, du pétrole et des déchets ;

  • des activités industrielles ;

  • des feux de forêt ou de brousse ;

  • de certaines poussières et réactions chimiques dans l’atmosphère.

En raison de leur très petite taille, elles pénètrent profondément dans les poumons.

Lorsqu’elles sont inhalées, de façon durable, elles peuvent :

  • provoquer une inflammation chronique et un stress oxydatif qui endommagent progressivement les neurones ;

  • altérer les vaisseaux sanguins et la barrière qui protège le cerveau, réduisant ainsi son apport en oxygène ;

  • augmenter le risque d’hypertension, d’AVC et de maladies cardiovasculaires, eux-mêmes associés au déclin cognitif ;

  • favoriser, selon certaines recherches, des modifications liées à l’accumulation de bêta-amyloïde et de protéine tau, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

Certaines particules ultrafines pourraient également atteindre le cerveau par la circulation sanguine ou les voies olfactives. Toutefois, ces mécanismes continuent d’être étudiés. Les données démontrent surtout une association solide entre l’exposition prolongée à la pollution et l’augmentation du risque de démence, sans signifier que la pollution provoquera nécessairement Alzheimer chez une personne exposée. Cela dit, l’OMS classe désormais la pollution atmosphérique parmi les facteurs environnementaux qui augmentent le risque de démence. 

Demain nous aborderons la question de l’importance du diagnostic précoce et du parcours de soins. Nous présenterons un cinquième facteur de risque : #5 les lésions cérébrales.

Pour plus d’informations, suivez les pages La Maison de nos Parents sur Facebook et Instagram : @alzheimerciv

La Maison de nos Parents

Document officiel · Certificat d'authenticité inclus