Le président de la Maison des Transporteurs de Côte d’Ivoire (MTCI), Soumahoro Mamadou, s’est prononcé sur plusieurs sujets relatifs au transport routier, à la MATCA et à la structure qu’il dirige.

C’était à l’occasion d’un entretien accordé à plusieurs médias, ce dimanche 19 juillet 2026, dans l’enceinte d’une station-service à Abobo PK 18. Au cours de cet entretien, il a fait de grandes révélations sur l’avenir du secteur et des structures susmentionnées.
Bonjour monsieur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas bien ?
Bonjour, je suis monsieur Soumahoro Mamadou, président de la Maison des Transporteurs de Côte d’Ivoire (MTCI), opérateur économique dans le secteur du transport et sociétaire à la Mutuelle d’Assurance des Taxis-Compteurs d’Abidjan (MATCA). En un mot, je suis le porte-parole de l’ensemble des transporteurs en Côte d’Ivoire.
Par des canaux que nous souhaitons taire, votre nom figure sur une liste de personnes qui projettent d’installer un nouveau Conseil d’Administration à la MATCA et de mettre fin à l’administration provisoire de Dicoh Balamine. Confirmez-vous cette information ?
Oui, mais ce n’est pas nouveau. Je voudrais que vous transmettiez un message de ma part à monsieur Dicoh Balamine et à monsieur Traoré Youssouf, Directeur des Assurances, pour leur dire que la MATCA n’est pas une propriété de la DAA. La MATCA n’est pas une propriété de monsieur Dicoh Balamine, ni de monsieur Traoré Youssouf.
Je le redis : très bientôt, nous allons mettre fin à l’administration provisoire de monsieur Dicoh Balamine en installant un Conseil d’Administration à la tête de la mutuelle. Les sociétaires sont les propriétaires de cette structure. Ce sont eux qui doivent décider qui doit diriger la MATCA, où et quand.
Je pense que nous avons largement respecté la décision du ministre Adama Coulibaly lorsqu’il a pris son arrêté. Un arrêté qu’il n’avait même pas le droit de prendre. Pour votre information, le ministre n’a pas le pouvoir de nommer un administrateur provisoire dans une compagnie d’assurance. Seul l’organe supranational en a la compétence. Mais par respect pour l’autorité et par amour pour le secteur du transport et pour la Côte d’Ivoire, nous avons accepté cette décision.
Cela fait plus d’un an que cela dure et nous allons y mettre fin très bientôt.
Reconnaissez-vous donc faire partie de cette liste que nous vous avons transmise et que certains qualifient de "groupe de conspirateurs" ?
Non, non, non. Il n’existe pas encore de liste officielle pour ce Conseil d’Administration. La liste à laquelle vous faites allusion a été conçue par moi-même. J’ai formé mon Conseil d’Administration qui doit aller diriger la MATCA. Mais personne ne peut en parler car personne ne la détient à part moi. Je ne l’ai pas encore remise ni déposée quelque part.
Concernant le document que vous venez de me transmettre, je vous explique. Il s’agit du procès-verbal d’une réunion organisée par la Direction des Assurances et le Comité de Surveillance de la MATCA.
J’ai pris part à cette rencontre. La réunion a réuni, comme je l’ai dit, la DAA et le Conseil de Surveillance de la MATCA, ainsi que trois faitières : la MTCI, le Haut Conseil et la FIPETCA. Le Haut Conseil était représenté par son PCA, monsieur Abdrahmane Camara. La FIPETCA l’était par monsieur Fama Touré, ex-PCA de la MATCA. Et la MTCI par moi-même, Soumahoro Mamadou.
Cependant, toutes les propositions de sortie de crise faites par la DAA lors de cette réunion n’ont pas été respectées. C’est pourquoi je n’ai pas signé ce PV, car certains éléments de notre accord n’y figurent pas. Selon les termes proposés par la DAA, le Haut Conseil du Transport devait proposer quatre personnes, la FIPETCA quatre personnes et la MTCI quatre personnes pour former un Conseil d’Administration. J’ai même été mis en mission par la Direction Nationale des Assurances, et particulièrement par monsieur Traoré Youssouf, pour contacter l’ensemble des acteurs afin de mettre en place ce conseil.
Le Haut Conseil est aujourd’hui le cauchemar du transport. Toutes les crises que connaît le secteur du transport en Côte d’Ivoire, toutes les crises à la MATCA, ont été créées artificiellement par le Haut Conseil et par les dirigeants du Syndicat National, avec l’appui de certaines personnes de l’administration ivoirienne. En réalité, il n’y a pas de crise dans le transport, il n’y a pas de crise à la MATCA.
À ce stade, je vous fais une confidence : moi et mon équipe avons fini le travail. Nous allons installer un nouveau Conseil d’Administration à la MATCA. Et nous ne demanderons pas l’avis de monsieur Dicoh Balamine pour cela.
À vous entendre, vous vous présentez comme un messie venu assainir la MATCA et le transport. Pourtant, selon certaines rumeurs, votre nom serait mêlé à une affaire de détournement d’environ 425 millions FCFA, survenue durant l’intérim de la Direction Générale assuré par Séri Kanon Roger. Qu’en est-il ?
Ne vous agitez pas, calmez-vous. Lorsque nous avons accusé l’ancienne équipe de détournement, nous avons saisi le Pôle Pénal Économique et Financier pour porter plainte. Et elle a été interpellée par les autorités judiciaires de Côte d’Ivoire.
Si l’on dit que le nom de monsieur Soumahoro Mamadou est cité dans une affaire de détournement de 400 ou 600 millions, dites à vos informateurs d’aller porter plainte à leur tour. Jusqu’à preuve du contraire, je demande à être convoqué au Pôle Pénal Économique et Financier pour que cette affaire soit réglée. C’est un dossier sur lequel j’ai beaucoup à dire.
Aujourd’hui, cela fait 15 ans que des personnes gèrent le transport routier ivoirien sans aucun bilan. Je parle particulièrement de monsieur Diaby Ibrahim et de son président, monsieur Camara Abdrahmane, tous deux dirigeants du Haut Conseil du Transport Terrestre. Ces deux hommes ne devraient même plus s’exprimer sur le secteur du transport.
Avec eux, le bilan en matière de sécurité routière est nul, la lutte contre le racket est nulle, le renouvellement du parc automobile est médiocre, et la construction d’infrastructures de transport est également nulle. Il en va de même pour la construction des gares routières.
Sous leur gestion, le Haut Conseil n’excelle que dans le racket sans reversement aux ayants droit. Dans tous les compartiments où l’on parle de racket, de détournement ou d’extorsion de fonds, vous verrez le Haut Conseil impliqué. Ils sont devenus une gangrène, une plaie dans le secteur. Je dirais même un phénomène à éradiquer. Ce sont de grands prédateurs économiques et financiers du secteur du transport.
Nous avons des documents. Le président du Haut Conseil a causé d’énormes dégâts à la MATCA. Nous les rendrons publics en temps opportun. Pour l’heure, nous ne sommes pas pressés. Laissez les gens parler. Quand le moment viendra, nous sortirons des documents très sensibles.
Pendant que vous critiquez les dirigeants du Haut Conseil, comment expliquez-vous que la MTCI, dont vous êtes le président fondateur, ait perdu son siège de Cocody Riviera 3, si vous êtes plus transparent et exemplaire que ceux que vous fustigez ?
La MTCI n’a pas perdu son siège. Le local que vous connaissez était loué dans le cadre d’un bail de 5 ans arrivé à échéance en décembre 2024. Le terrain sur lequel je me suis installé à Bingerville a été acheté. J’y construis actuellement le nouveau siège de la MTCI. Entre un espace loué et un espace acheté, lequel est le signe d’une évolution ? En tout cas, je ne prétends pas être le plus saint des hommes. Mais je n’ai jamais braqué la MATCA. Il y a des gens qui l’ont fait, les armes à la main. Dites à ceux qui vous ont envoyé que j’affirme qu’ils sont allés braquer 47 millions à la MATCA. Nous détenons ces documents et nous les publierons bientôt.
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